mercredi, mars 4, 2026
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Kankan : le directeur préfectoral de l’Habitat poursuivi pour stellionat et faux, le parquet requiert 5 ans avec sursis

Kankan – L’affaire fait grand bruit dans la cité de Nabaya. Le directeur préfectoral de l’Habitat de Kankan, Abdoulaye Diakité, a comparu ce mardi 3 mars 2026 devant le tribunal de première instance (TPI), poursuivi pour stellionat, faux et usage de faux, sur la base des articles 406 à 408 et 585 à 586 du Code pénal.

À ses côtés, le chef de quartier Abou Cissé est également dans le box des prévenus. Il est poursuivi pour usurpation de fonctions, complicité de faux et usage de faux, ainsi que complicité de stellionat.

À la barre, les échanges ont principalement porté sur l’authenticité des documents incriminés et sur les responsabilités dans leur établissement. Le dossier met en cause des actes administratifs dont la validité est aujourd’hui contestée.

Le procureur de la République près le TPI de Kankan a requis :

– Cinq (5) ans d’emprisonnement assortis de sursis et une amende de 15 000 000 GNF contre Abdoulaye Diakité ;

– Quatre (4) ans d’emprisonnement avec sursis et 3 000 000 GNF d’amende contre Abou Cissé.

Le chef du parquet d’instance, Fodé Bintou Keita, a tenu à rappeler que les réquisitions du ministère public ne constituent pas un verdict.

« Ce n’est pas le ministère public qui rend la décision. C’est le juge qui dira si les poursuites sont fondées, si l’infraction est établie et si elle est imputable aux prévenus », a-t-il souligné.

Il a également insisté sur la mission du tribunal correctionnel, qu’il considère comme un instrument d’éducation et de régulation sociale, estimant qu’une peine avec sursis pourrait être adaptée, d’autant plus que le préjudice allégué serait « rentré dans l’ordre ».

À la sortie de l’audience, la défense a haussé le ton. Me Mohamed Doumbouya a vigoureusement contesté les poursuites visant son client.

« S’il devait y avoir une procédure contre M. Abdoulaye Diakité, elle devrait être administrative. Il a agi dans le cadre d’actes administratifs. En cas de contestation, la loi prévoit un recours gracieux ou contentieux, pas une procédure pénale », a-t-il martelé.

L’avocat parle d’« acharnement » du ministère public et soutient que les éléments constitutifs des infractions de stellionat, faux et usage de faux ne seraient pas réunis.

L’affaire a été renvoyée au vendredi 6 mars 2026 pour la poursuite des débats.

La décision du tribunal est désormais très attendue à Kankan. Elle dira si les poursuites engagées contre le directeur préfectoral de l’Habitat et le chef de quartier sont juridiquement fondées — ou si le dossier basculera dans un simple différend administratif.

 

 

 

Par F. KEÏTA

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