L’hygiène alimentaire constitue un défi majeur en Guinée, où les mauvaises pratiques dans la manipulation, la conservation et la vente des denrées alimentaires favorisent la prolifération de maladies graves. Dans les marchés, les restaurants de rue, les hôtels et même au sein des ménages, l’exposition des aliments à des conditions insalubres représente une menace constante pour la santé publique.

Face à cette situation préoccupante, il devient impératif de comprendre les causes de cette insalubrité, d’identifier les maladies qui en découlent et de proposer des solutions durables pour protéger les consommateurs guinéens.
Les causes d’une hygiène alimentaire défaillante
1. Une manipulation des aliments à haut risque
L’un des principaux problèmes réside dans les conditions de préparation et de vente des aliments. Les vendeuses mobiles et celles qui occupent les trottoirs exposent souvent leurs marchandises à la poussière, aux mouches et aux gaz d’échappement des véhicules, sans protection adéquate. Dans les gargotes et restaurants, les cuisiniers manipulent fréquemment les aliments à mains nues, parfois sans lavage préalable, augmentant ainsi le risque de contamination bactérienne.
2. Des marchés et des restaurants en situation d’insalubrité
Dans les marchés, fruits, légumes, viandes et poissons sont souvent vendus à même le sol, à proximité des eaux stagnantes et des déchets. Pire encore, certaines cuisines de restaurants et d’hôtels présentent des conditions désastreuses : cafards, souris et autres insectes nuisibles cohabitent avec les denrées alimentaires, exposant les consommateurs à des maladies graves.

3. L’utilisation d’une eau non potable
L’eau, essentielle dans la préparation des repas et l’hygiène des aliments, est une source majeure de contamination lorsqu’elle n’est pas traitée. En Guinée, une grande partie de la population utilise de l’eau de puits ou de forage, souvent non filtrée, favorisant ainsi la propagation de maladies comme le choléra, la typhoïde ou encore les infections parasitaires.
4. L’insuffisance des contrôles sanitaires
Bien que des réglementations existent, leur application est souvent laxiste. Le manque de contrôles rigoureux permet la commercialisation de produits avariés ou contaminés, notamment dans les restaurants, les hôtels et les marchés. Cette absence de surveillance aggrave le problème et met en danger la santé des citoyens.

Les maladies et infections liées à la mauvaise hygiène alimentaire
L’ingestion d’aliments contaminés entraîne une série de pathologies aux conséquences parfois mortelles. Parmi les maladies les plus fréquentes, on retrouve :
• Le choléra : une infection bactérienne grave provoquant des diarrhées aiguës et une déshydratation rapide, souvent due à la consommation d’eau ou d’aliments souillés.
• La fièvre typhoïde : causée par la bactérie Salmonella typhi, elle se manifeste par une forte fièvre, des troubles digestifs et un affaiblissement général.
• Les intoxications alimentaires : résultant de la consommation d’aliments avariés ou mal cuits, elles entraînent nausées, vomissements, crampes abdominales et diarrhées.
• Les infections parasitaires : la présence de vers intestinaux et autres parasites dans les aliments peut provoquer des troubles digestifs chroniques et un affaiblissement du système immunitaire.
• Les hépatites A et E : souvent contractées par l’ingestion d’aliments souillés, elles affectent le foie et peuvent avoir de graves répercussions sur la santé.
Ces maladies, en plus d’être un fardeau pour les malades et leurs familles, surchargent les structures de santé et ont un impact négatif sur l’économie du pays.
Des solutions pour une meilleure hygiène alimentaire en Guinée
Face à cette urgence sanitaire, il est crucial d’adopter des mesures efficaces pour garantir une alimentation saine et sécurisée.
1. Renforcer la sensibilisation et l’éducation
L’État, les médias et les organisations de la société civile doivent multiplier les campagnes de sensibilisation sur les bonnes pratiques d’hygiène alimentaire. L’information doit être accessible à tous, notamment aux vendeuses de rue, aux restaurateurs et aux consommateurs.
2. Améliorer les infrastructures des marchés et des lieux de restauration
Il est urgent de moderniser les marchés, d’y installer des stands adaptés et de veiller à la propreté des lieux. Les restaurants et hôtels doivent être soumis à des normes d’hygiène strictes, avec des inspections régulières et des sanctions en cas de non-conformité.
3. Rendre obligatoires les contrôles sanitaires
L’État doit imposer des inspections rigoureuses et fréquentes dans les marchés, restaurants et hôtels. Les produits alimentaires doivent être vérifiés avant leur mise en vente, et tout commerce ne respectant pas les normes d’hygiène doit être sanctionné.
4. Garantir l’accès à une eau potable de qualité
Investir dans l’approvisionnement en eau potable et encourager les ménages à purifier leur eau (bouillie, filtrée, chlorée) sont des mesures essentielles pour réduire les maladies d’origine hydrique.
5. Responsabiliser les citoyens
Chaque consommateur doit être acteur de sa propre santé en adoptant des gestes simples : se laver les mains avant de manger, laver soigneusement les fruits et légumes, éviter les aliments douteux et privilégier des établissements respectant les règles d’hygiène.
L’hygiène alimentaire en Guinée est un enjeu de santé publique qui nécessite une réponse collective et immédiate. Lutter contre l’insalubrité des marchés, des restaurants et des cuisines est une responsabilité partagée entre les autorités, les commerçants et les consommateurs.
Si des mesures strictes ne sont pas prises, le pays continuera de faire face à des crises sanitaires évitables, mettant en péril des milliers de vies. Il est donc temps d’agir pour garantir aux Guinéens une alimentation saine et sécurisée, condition essentielle à leur bien-être et au développement du pays.
Par Bangoura Ousmane






