GUÉCKÉDOU – Un incident frontalier survenu entre la Guinée et le Libéria autour de l’exploitation de sable sur le fleuve Makona a brièvement ravivé les tensions entre les deux États voisins, avant d’être désamorcé grâce à un dialogue sécuritaire et diplomatique de haut niveau.
Tout est parti du lancement d’activités d’extraction de sable par la société BK Enterprise dans le district de Foya, dans le comté de Lofa, côté libérien. Considérant que ces opérations se déroulaient sur un cours d’eau relevant de sa juridiction, des militaires guinéens sont intervenus pour interrompre les travaux et saisir les équipements présents sur le site.
Selon des sources locales citées par Voice of Lofa, cette intervention aurait été ordonnée par le général Kandia Mara, au nom du respect de la souveraineté territoriale guinéenne.
La situation a pris une tournure plus délicate lorsque des éléments de sécurité libériens ont déplacé leur drapeau national vers les rives du fleuve Makona, un geste immédiatement perçu par la partie guinéenne comme un signal de revendication territoriale.
Dans cette zone frontalière historiquement sensible, ce symbole a suffi à faire monter la pression entre les deux pays, faisant craindre une escalade.
Le ministre libérien de l’Intérieur, Francis Sakila Nyumalin, s’est rendu dans la zone avant qu’une rencontre bilatérale de haut niveau ne soit organisée le 8 mars 2026 à Guéckédou, sous la présidence du ministre guinéen de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, Ibrahima Kalil Condé.
La délégation libérienne comprenait notamment le chef d’état-major des Forces armées du Libéria, le général Davidson F. Forleh, ainsi que plusieurs responsables sécuritaires.
Malgré la fermeté des échanges, les deux parties ont affiché une volonté commune de préserver les relations historiques entre Conakry et Monrovia.
Au terme des discussions, plusieurs mesures ont été arrêtées pour désamorcer la crise :
– Retour du drapeau libérien à son emplacement initial au poste frontalier afin d’éviter toute interprétation de revendication territoriale ;
– Rappel du cadre juridique régional, la Guinée invoquant les principes hérités de l’ancienne Organisation de l’Unité Africaine (OUA) selon lesquels la juridiction sur un cours d’eau frontalier peut être liée au pays où celui-ci prend sa source ;
– Restitution possible des équipements saisis, sous réserve d’une vérification par le ministère guinéen des Mines, afin d’écarter toute exploitation illégale d’autres ressources minières.
Après cette rencontre, le climat s’est nettement apaisé dans la zone. Les activités commerciales ont repris au port frontalier de Sorlumba, signe d’un retour progressif à la normale.
Selon Voice of Lofa, des soldats guinéens auraient de nouveau traversé le fleuve Makona tôt mardi matin pour hisser leur drapeau au port d’entrée de Sorlumba. Si cette information venait à être confirmée, elle pourrait raviver les tensions et remettre en cause les acquis diplomatiques obtenus à Guéckédou.
Pour l’heure, les autorités des deux pays restent engagées dans une approche de dialogue et de vigilance, afin d’éviter que cet incident frontalier ne dégénère en crise ouverte entre Conakry et Monrovia.
Par nimba224.com






