Le Conseil National de la Transition (CNT) a haussé le ton. Lors de la plénière consacrée à l’adoption du volet recettes du Projet de Loi de Finances Rectificative (PLFR) 2025, les conseillers nationaux ont dénoncé le non-versement par l’Autorité de Régulation des Postes et Télécommunications (ARPT) de ses redevances au Trésor public. Une situation jugée préoccupante pour la crédibilité budgétaire de l’État.
D’après le rapport d’examen budgétaire de la commission des finances, consulté par Allureinfo.net, l’ARPT devait reverser à l’État 108 milliards de francs guinéens (GNF) au titre des redevances 2025.
Mais à la date de la plénière, aucun versement n’avait encore été enregistré sur le compte unique du Trésor.
Les 10 milliards GNF mentionnés par l’ARPT dans ses récents rapports correspondent, selon le CNT, à l’exercice 2024, et non à celui de 2025.
« Nous ne pouvons pas tolérer qu’un organisme public de régulation se soustraie à ses obligations financières, alors que le pays a besoin de chaque franc pour financer ses priorités », a martelé un conseiller de la commission des finances.
Le CNT voit dans ce manquement un signal inquiétant pour la gouvernance financière. Les conseillers rappellent que les régies financières et établissements publics à caractère administratif doivent faire preuve d’exemplarité dans le respect des engagements de versement au Trésor.
L’instance de transition appelle donc le gouvernement à agir rapidement, afin que l’ARPT régularise sa situation avant la soumission de la Loi de Finances Initiale 2026.
« La discipline budgétaire n’est pas qu’une exigence technique, c’est une question de crédibilité de l’État », a insisté un autre intervenant.
Pour de nombreux observateurs, cette affaire illustre un problème plus large de gouvernance des recettes publiques. Le respect des obligations de versement des organismes générateurs de revenus est un indicateur majeur de transparence, mais aussi de bonne gestion des ressources nationales.
Le CNT, garant du contrôle parlementaire en période de transition, entend faire de cette question un test de sérieux pour l’exécutif dans la mise en œuvre de la réforme des finances publiques.
Par F. Keita






