
Le tribunal de première instance (TPI) de Kaloum a ouvert, le 6 mars 2025, le procès de madame Oumou Diaby, accusée d’escroquerie portant sur un montant de 60 millions de francs guinéens. La prévenue, mariée et mère de trois enfants, est poursuivie par Amara Camara, qui l’accuse de l’avoir abusé dans une prétendue procédure d’intégration à la fonction publique.
Une promesse d’intégration à la fonction publique
Tout commence après l’échec d’Amara Camara au concours d’accès à la fonction publique. Déterminé à devenir fonctionnaire par d’autres moyens, il entre en contact avec Oumou Diaby, qui lui assure connaître un haut fonctionnaire du ministère de la Fonction publique capable de faciliter son recrutement moyennant la somme de 15 millions de francs guinéens.
Sans hésitation, Amara Camara s’acquitte du montant demandé, sans exiger de reçu, convaincu que la procédure aboutirait. Confiant en l’efficacité du « réseau » de Oumou Diaby, il sollicite à nouveau ses services pour sa belle-sœur, qui n’avait pas encore obtenu son diplôme, mais qui souhaitait également intégrer la fonction publique. Un second paiement de 15 millions GNF est ainsi effectué.
Quelques semaines plus tard, toujours sans nouvelles de son dossier, Amara Camara décide d’élargir la « bonne opportunité » à son épouse, qui verse à son tour 10 millions de francs guinéens à Oumou Diaby. Enfin, l’épouse d’Amara Camara, convaincue par la démarche, propose à une amie de profiter de cette prétendue facilité d’intégration. Cette dernière effectue un paiement de 20 millions GNF, dont 5 millions sont reversés à l’épouse d’Amara Camara comme « commission ».
Des promesses non tenues et une plainte déposée
Selon les accords verbaux, l’intégration à la fonction publique devait être effective sous trois mois. Cependant, à l’échéance convenue, aucun des intéressés n’a reçu de matricule ni de confirmation de recrutement. À chaque tentative de contact, Oumou Diaby prétextait un déplacement ou un décès familial.
Face à l’absence de résultats et après plusieurs mois d’attente, Amara Camara réalise qu’il a été dupé. Il décide alors de porter plainte contre Oumou Diaby, ce qui mène à son arrestation le 4 mars 2025 et à son placement sous mandat de dépôt à la maison centrale.
Une reconnaissance des faits et une demande de clémence
À la barre, Oumou Diaby a reconnu les faits qui lui sont reprochés, exprimant des regrets face au tribunal :
« Je regrette et je demande pardon. Je suis mère de trois enfants. S’il faut me coucher et demander pardon, je le ferais, parce que j’ai vraiment honte. Le monsieur avec qui je travaillais à la fonction publique est en fuite. Il m’avait dit qu’il était attaché de cabinet au ministère. »
De son côté, Amara Camara, visiblement ému, a eu du mal à exprimer son témoignage devant le tribunal. Dans un récit saccadé, il a détaillé comment Oumou Diaby l’a convaincu d’investir son argent dans cette prétendue opération de recrutement :
« Après mon échec au concours d’accès à la fonction publique, on m’a parlé de madame Oumou Diaby. Je suis allé la voir et elle m’a rassuré qu’elle pouvait m’aider à intégrer la fonction publique en trois mois. Elle m’a demandé 15 millions, que j’ai payés sans demander de reçu, car je lui faisais confiance… »
Selon lui, après plusieurs relances infructueuses, la prévenue a fini par changer de ton et adopter une attitude hostile :
« Désormais, quand je l’appelais, elle criait sur moi. Je lui ai dit : “Si ça ne marche pas, rends-moi mon argent, j’ai un projet de voyage.” Mais elle me répétait que c’était en cours, que nous verrions bientôt nos noms sur la liste officielle. C’est là que j’ai compris que j’avais été escroqué. »
Un possible remboursement en discussion
Interrogée par le procureur sur sa capacité à rembourser les fonds détournés, Oumou Diaby a déclaré qu’elle devait d’abord en discuter avec son époux, laissant planer le doute sur la restitution effective des sommes en question.
À l’issue des débats, le tribunal a décidé de renvoyer l’affaire au 13 mars 2025 pour la poursuite des audiences.
Par O.Bangoura






