Conakry,9 juillet 2025 Alors que le modèle guinéen de financement de l’entretien routier suscite admiration et intérêt à travers le continent, le contraste est saisissant sur le terrain : les routes guinéennes attendent toujours les résultats concrets des promesses d’efficacité.
Présenté comme une référence africaine en matière d’innovation financière, le système mis en place par la Guinée repose sur un partenariat public-privé structuré autour du Fonds d’Entretien Routier (FER). Cette approche, encadrée par une gestion autonome et saluée par des institutions telles que la Banque mondiale, le SSATP et l’Association des Fonds d’Entretien Routier d’Afrique, a notamment permis la réalisation du pont à péage de Tanènè – projet emblématique censé symboliser la réussite de ce modèle.
Mais derrière cette vitrine bien polie, la réalité sur le terrain reste en deçà des attentes. Les chantiers d’entretien routier piétinent, les retards s’accumulent, et l’Ageroute peine à concrétiser les ambitions affichées. Dans plusieurs zones du pays, les usagers dénoncent la dégradation continue des voiries, l’absence de signalisation, et surtout l’extrême lenteur dans l’exécution des travaux pourtant planifiés et financés.
Une réussite institutionnelle freinée par l’inefficacité opérationnelle ? C’est la question que posent de plus en plus d’observateurs et d’acteurs du secteur. Car si le modèle est acclamé dans les salons internationaux, les citoyens guinéens, eux, circulent encore sur des routes cabossées, en attente d’un entretien qui tarde à se matérialiser.
Certes, les avancées sont notables sur le plan des réformes, et le leadership du Directeur Général du FER, Hamidou Sylla – un ancien banquier réputé pour sa rigueur – n’est pas à remettre en cause. Mais le véritable défi aujourd’hui est d’accélérer le passage des discours à l’action, de la stratégie à l’impact visible sur les routes.
La vision du chef de l’État, le Général Mamadi Doumbouya, ayant permis la mise en œuvre de cette réforme ambitieuse, mérite une exécution à la hauteur de ses ambitions. Or, tant que la chaîne d’exécution, notamment à travers l’Ageroute, restera engluée dans les lenteurs administratives et techniques, la Guinée continuera de briller sur le papier… mais pas sur ses routes.
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