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Électricité : des investissements colossaux, des pertes vertigineuses — quand le gaspillage et l’incivisme plombent le secteur

CONAKRY – Pilier stratégique du développement économique et industriel, le secteur de l’électricité mobilise d’énormes moyens financiers, techniques et humains de la part des autorités guinéennes. Barrages hydroélectriques, subventions massives de l’État, efforts constants pour alimenter ménages et industries : l’énergie figure au cœur des priorités nationales. Pourtant, en dépit de ces investissements lourds, la Guinée continue de perdre des milliers de milliards de francs guinéens chaque année, essentiellement à cause du non-paiement des factures, des branchements frauduleux et d’un gaspillage généralisé.

Selon les responsables d’Électricité de Guinée (EDG), l’État guinéen subventionne près de 70 % du coût réel de l’électricité afin de soulager les citoyens et soutenir l’activité économique. Les 30 % restants, censés être pris en charge par les abonnés, sont pourtant largement impayés.

Intervenant ce mercredi 23 décembre, M. Boubacar Bah, du service juridique de l’EDG, dresse un constat alarmant.

« La Guinée perd des milliers de milliards de francs guinéens par an à cause des factures impayées et des branchements frauduleux. L’énergie est achetée en moyenne à 1 500 FG le kilowattheure et revendue à seulement 450 FG. Malgré cela, une grande partie des consommateurs ne paie pas », a-t-il déploré.

Un déséquilibre financier qui fragilise durablement la société publique et compromet sa capacité à assurer un approvisionnement stable et continu.

Au-delà de la fraude, le gaspillage quotidien constitue un autre fléau majeur. Ampoules laissées allumées dehors en plein jour, équipements branchés inutilement, absence de culture d’économie d’énergie : autant de comportements qui alourdissent la facture nationale.

M. Ibrahim DIALLO, de la maison, illustre l’ampleur de cette consommation excessive par un exemple simple mais révélateur.

« Une ampoule de 3 watts allumée pendant 10 heures consomme 30 watts. En 10 jours, cela fait 300 watts, et sur un mois près de 900 watts pour une seule ampoule. Or la facturation se fait au kilowattheure. Multipliez cela par plusieurs ampoules, allumées parfois toute la journée, et vous comprendrez l’impact sur la consommation et les coûts », explique-t-il.

Un gaspillage qui, à grande échelle, se traduit par une pression accrue sur les infrastructures et une hausse des pertes financières.

Face à ces pratiques, les autorités rappellent que la fraude électrique n’est pas un simple manquement civique, mais un délit pénal. L’article 373 du Code pénal guinéen prévoit des peines allant de 1 à 5 ans d’emprisonnement pour tout vol d’électricité.

Alors que l’État multiplie les efforts pour fournir une énergie accessible, fiable et continue aux citoyens comme aux industries, l’incivisme énergétique apparaît comme l’un des principaux obstacles à la viabilité du secteur. Le message des autorités est sans équivoque : payer sa facture, éviter le gaspillage et respecter la loi, c’est aussi contribuer au développement national.

 

 

 

Par Ousmane Bangoura

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