Conakry accélère la cadence. Face aux déséquilibres persistants du système éducatif, le gouvernement passe à l’offensive. Ce jeudi, le ministre de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation, de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle, Alpha Bacar Barry, a réuni autour de lui les principaux experts de l’État pour enclencher un chantier stratégique longtemps repoussé : la mise en place d’une carte scolaire nationale nouvelle génération.
À la table des discussions, une délégation de l’Institut National de la Statistique (INS), conduite par son Directeur général. Objectif : poser les bases d’un outil central de pilotage, appelé à transformer en profondeur la gouvernance éducative.
Le constat est sans appel. Infrastructures saturées, affectations d’enseignants dictées par l’urgence, implantations scolaires souvent déconnectées des réalités démographiques… Le système éducatif guinéen fonctionne encore trop souvent à vue.
Pour le ministre, il est temps de rompre avec l’improvisation. « L’éducation ne peut plus être pilotée dans l’approximation », a-t-il martelé, appelant à une refondation basée sur des données fiables et des projections rigoureuses.
Plus qu’un simple outil descriptif, la future carte scolaire se veut un véritable instrument d’aide à la décision. Elle reposera sur une architecture solide : collecte et agrégation de données multisectorielles, validation scientifique assurée par l’INS, modèles de projection pour anticiper les besoins, et rôle de référentiel unique pour orienter les choix publics et les investissements.
Autrement dit, il ne s’agit plus seulement de localiser les écoles, mais de planifier, arbitrer et anticiper.
Dans une approche résolument pragmatique, le ministre a fixé le cap : faire de la donnée le socle de toute politique éducative. Pour y parvenir, plusieurs leviers sont activés sans délai : mutualisation des travaux existants, mobilisation des expertises nationales (statistique, démographie, systèmes d’information géographique, numérique) et mise en place d’une gouvernance tripartite claire et opérationnelle.
Le chronomètre est lancé. Une première version techniquement consolidée de la carte scolaire est attendue pour le 15 avril. Elle servira de base à un atelier national de concertation et de validation, étape clé avant sa mise en œuvre.
À travers cette initiative, Alpha Bacar Barry imprime une nouvelle dynamique : passer d’une gestion réactive, souvent subie, à une planification éducative maîtrisée, fondée sur la rigueur scientifique et l’anticipation.
Un virage stratégique. Et, peut-être, le début d’une nouvelle ère pour l’école guinéenne.
Par nimba224.com






