mercredi, février 11, 2026
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Éducation : colère noire des nouveaux enseignants, la menace d’une paralysie des écoles se précise

La tension monte d’un cran dans le secteur de l’éducation. Recrutés par concours en 2024, les enseignants du secondaire et de l’enseignement technique dénoncent une marginalisation qu’ils qualifient d’injuste et incompréhensible. Face à des promesses non tenues et des salaires amputés, ils brandissent désormais la menace d’un boycott des classes si leurs droits ne sont pas rétablis sans délai.

Le collectif, fort de 3 044 enseignants – dont 2 027 du secondaire et 1 017 du technique – accuse l’État de manquement grave à ses engagements. Après un parcours exigeant marqué par le concours sur tablettes, l’induction civilo-militaire et 13 mois de stage probatoire, ces agents ont été titularisés le 31 décembre 2025. Une consécration aussitôt suivie d’une profonde désillusion.
La publication des bulletins de paie de janvier 2026 sur la plateforme FUGAS a provoqué une onde de choc : toutes les primes statutaires – craie, documentation, incitation de zone, logement et transport – ont purement et simplement disparu. Résultat : des enseignants se retrouvent avec un salaire de base plafonné à 2 861 000 GNF, dans un contexte de cherté de la vie étouffante.

À ces pertes s’ajoutent, selon le collectif, de graves irrégularités techniques :
une valeur du point d’indice bloquée à 1 319, au lieu de 1 372 prévue pour l’Éducation ;
un échelonnement figé à l’échelon 6, contre l’échelon 8 normalement requis ;
un indice salarial minoré, maintenu à 1 610 au lieu de 1 638.
L’indignation est d’autant plus vive que 1 615 fonctionnaires recrutés sans concours en octobre 2025 auraient déjà été entièrement régularisés, avec paiement intégral de leurs droits.

Porte-parole du collectif, Billo Dioubaté, professeur à l’ENAM, ne cache pas sa colère :
« Depuis septembre 2025, nos salaires ont été injustement revus à la baisse. Nous avons été ravalés au régime des ministères standards. C’est une humiliation. Nous servons l’État avec loyauté, souvent dans des zones reculées, mais notre carrière est sacrifiée », dénonce-t-il.

Selon le collectif, le préjudice financier dépasse 400 millions de francs guinéens par mois, sans la moindre explication officielle sur la destination de ces fonds.
Soutenus par le Syndicat national de l’éducation (SNE), les enseignants s’apprêtent à déposer une plateforme revendicative auprès des ministères du Travail, du Budget et de l’Éducation. Ils exigent notamment :
– la correction immédiate des bulletins de janvier 2026 ;
– le rétablissement du point indiciaire à 1 372 ;
– le paiement intégral des primes statutaires ;
– le rappel des arriérés dus depuis septembre 2025.
« Si rien n’est fait, nous utiliserons tous les moyens légaux pour nous faire entendre », avertit Billo Dioubaté.

Déjà, plusieurs enseignants ont abandonné leurs postes en région pour rallier Conakry, faisant planer la menace d’une paralysie imminente des établissements secondaires et techniques à l’échelle nationale. Une crise sociale majeure se profile dans un secteur déjà fragilisé.

 

 

 

 

Par nimba224.com

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