Alors que l’UFDG s’apprêtait à organiser son congrès très attendu, une décision jugée arbitraire du ministère de l’Administration du territoire bloque le processus. Dr Fodé Oussou Fofana monte au créneau et fustige une ingérence inacceptable fondée sur des acteurs « sans existence légale ».
Réuni ce samedi 19 juillet 2025 lors de l’assemblée générale du parti à Conakry, le vice-président de l’UFDG, Dr Fodé Oussou Fofana, a dénoncé vigoureusement l’ingérence du Ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD) dans les affaires internes du parti. En cause : une décision du MATD suspendant les préparatifs du congrès du parti, sur la base d’une plainte émanant d’un groupe se faisant appeler « les réformateurs de l’UFDG », que le parti qualifie d’illégitime.
« Ce groupe n’a aucune reconnaissance légale. Ce n’est ni une instance de l’UFDG, ni un parti politique, ni une ONG agréée. Il n’existe que dans les intentions de ceux qui veulent nuire à l’UFDG », a déclaré Dr Oussou Fofana.
Le vice-président de l’UFDG reproche au ministère de n’avoir consulté aucune instance officielle du parti avant de prendre une décision aussi grave. Il interroge la logique institutionnelle du MATD, qui demande un congrès mais empêche sa tenue lorsque l’UFDG en initie l’organisation.
« Pourquoi le ministère se substitue-t-il à la justice alors qu’un recours est pendant devant la Cour suprême ? Pourquoi imposer un dialogue avec des individus qui ne représentent aucune structure reconnue ? », s’est-il insurgé.
Selon lui, si des membres du parti contestent une exclusion, leur seul recours légitime est la voie judiciaire, et non l’intervention du ministère pour arbitrer des conflits internes.
Pour Dr Fodé Oussou, ces manœuvres ne sont pas isolées. Il accuse certains anciens cadres du parti — aujourd’hui proches du pouvoir — d’instrumentaliser leur passé politique pour gagner des faveurs du CNRD.
« On les connaît : hier ils insultaient l’UFDG pour séduire Alpha Condé, aujourd’hui ils utilisent les mêmes méthodes pour se rapprocher du CNRD. Ils n’ont ni projet, ni vision. Ils changent de discours pour des postes », a-t-il lancé.
Il réaffirme cependant que l’UFDG demeure solide, structuré et ancré dans sa base. Ceux qui ne partagent plus les valeurs du parti sont libres de le quitter, mais il est inadmissible de vouloir « saboter de l’intérieur », tout en profitant de la notoriété de l’UFDG.
Dans un message clair adressé au Ministère de l’Administration du Territoire, Dr Fodé Oussou a réclamé le respect du droit, de l’indépendance des partis et des procédures judiciaires en cours.
« L’UFDG attend sereinement le verdict de la Cour suprême. Ce n’est ni le ministre, ni des dissidents sans existence légale qui décideront de notre avenir. Nous sommes un parti démocratique, et nous le resterons. »
Entre blocage du congrès, dissidences orchestrées et pression administrative, l’UFDG dénonce une stratégie concertée pour déstabiliser l’un des plus grands partis politiques du pays. Une affaire qui pourrait faire date, à l’heure où le débat sur les libertés politiques reste au cœur de la transition guinéenne.
Par M. DIALLO






