samedi, mars 7, 2026
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CRIEF : la défense de Dr Mohamed Diané dénonce un “procès sans preuves” et réclame sa relaxe totale

La bataille judiciaire se poursuit autour du dossier de Dr Mohamed Diané, ancien ministre de la Défense nationale. Devant la chambre des appels de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), ses avocats ont vivement contesté les accusations portées contre leur client, dénonçant un procès qu’ils jugent “profondément injuste et dépourvu de preuves solides”.

Lors de l’audience, les conseils de l’ancien ministre ont multiplié les critiques contre la procédure engagée, estimant que le dossier repose davantage sur des suppositions que sur des éléments matériels probants.

Prenant la parole à la barre, Me Sidiki Bérété a fustigé ce qu’il considère comme une procédure incohérente ciblant un seul responsable, alors que d’autres acteurs administratifs du ministère de la Défense n’ont jamais été inquiétés.

« On fait semblant de juger alors que l’intendant est toujours à son poste et n’est pas inquiété », a-t-il lancé devant la Cour, remettant en cause la logique des poursuites engagées dans cette affaire.

L’avocat s’est notamment interrogé sur l’absence de poursuites contre certains responsables ayant travaillé aux côtés de l’ancien ministre.

« Avant qu’il ne soit affecté, Idiamin servait avec Dr Diané. Pourquoi lui n’a-t-il pas été inquiété ? On fait semblant de juger, mais vous trompez qui ? », a-t-il martelé, appelant la Cour à examiner la cohérence de l’action judiciaire.

Avant lui, Me Almamy Samory Traoré avait déjà donné le ton d’une défense particulièrement offensive. L’avocat est revenu sur la décision des conseils de Dr Mohamed Diané de se retirer du procès en première instance, estimant qu’il leur était impossible de cautionner une procédure qu’ils considéraient biaisée.

« C’est le procès le plus injuste et le plus inéquitable », a-t-il déclaré avec fermeté.

Me Traoré a également rappelé que la Cour de justice de la CEDEAO avait ordonné la remise en liberté de l’ancien ministre, une décision qui, selon lui, n’a toujours pas été exécutée par la justice guinéenne.

« Nous avons estimé que Dr Mohamed Diané ne pouvait pas bénéficier d’un procès juste et équitable. C’est pour cette raison que nous avons refusé de nous associer à cette procédure », a-t-il expliqué.

Sur le fond du dossier, la défense affirme que la condamnation prononcée en première instance par la CRIEF repose essentiellement sur les déclarations du prévenu, sans éléments matériels suffisamment établis.

Me Almamy Samory Traoré a également contesté l’inventaire des biens attribués à son client, dénonçant de nombreuses anomalies dans le dossier.

Selon lui :

– 14 biens seraient non identifiables ;

– 12 biens seraient mentionnés plusieurs fois ;

certains biens seraient revendiqués par des tiers, documents à l’appui.

« Comment voulez-vous qu’il justifie l’origine de biens qui ne sont même pas identifiés ? », s’est-il interrogé devant la Cour.

L’avocat a par ailleurs remis en cause le montant de 500 milliards de francs guinéens réclamé par l’État, affirmant qu’aucun rapport financier ne figure dans le dossier pour étayer ce chiffre.

Selon lui, les crédits budgétaires votés pour un ministère ne constituent qu’une autorisation de dépenses et non des fonds nécessairement disponibles.

« C’est un montant qui n’existe pas en réalité. Comment quelque chose qui n’existe pas peut-il être détourné ? », a-t-il soutenu.

Face à ces arguments, le procureur spécial près la CRIEF, Aly Touré, a demandé à la Cour de confirmer purement et simplement le jugement rendu en première instance, invitant les magistrats à tenir compte des arguments développés par l’Agent judiciaire de l’État.

Dans son dernier mot, Dr Mohamed Diané a de nouveau clamé son innocence, affirmant n’avoir jamais détourné les ressources publiques qui lui sont reprochées, avant de s’en remettre à la sagesse de la Cour.

Après avoir entendu l’ensemble des parties, le président de la chambre des appels, le juge Daye Mara, a décidé de mettre l’affaire en délibéré au 16 avril 2026, date à laquelle la décision de la Cour sera rendue.

 

 

 

Par M. DIALLO

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