
Les débats dans le cadre du procès en appel de l’ex-président de l’Assemblée nationale, Amadou Damaro Camara, et du patron des tours siamoises de Kamkibo, Cheng Jiin-Suey alias Kim, se sont ouverts ce jeudi 27 février 2025 devant la chambre des appels de la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF).
Une affaire de détournement de 15 milliards GNF
Les deux hommes avaient été reconnus coupables et condamnés en première instance pour le détournement de 15 milliards de francs guinéens destinés à la construction du nouveau siège de l’Assemblée nationale au centre directionnel de Kaloma.
En première instance :
• Amadou Damaro Camara avait écopé de quatre ans de prison ferme et d’une amende de 10 millions GNF.
• Cheng Jiin-Suey alias Kim avait été condamné à un an de prison assorti de sursis et au paiement d’une amende de 10 millions GNF.
• La Cour avait également condamné solidairement les deux hommes au paiement de 5 milliards GNF de dommages et intérêts à l’État guinéen.
Un appel contre la décision de la CRIEF
Estimant cette décision injuste, les avocats de Damaro et Kim avaient interjeté appel, réclamant l’annulation pure et simple du verdict. De son côté, le parquet spécial, représenté par le procureur Aly Touré, a également contesté la décision et a fait appel.
Une audience reportée et une hospitalisation ordonnée
Dès l’ouverture des débats, la défense de Cheng Jiin-Suey alias Kim a sollicité un renvoi de l’affaire, arguant que leur client se trouvait hors du pays. La défense de Damaro Camara, sans s’y opposer, a demandé que la Cour ordonne l’hospitalisation de son client, en raison de son état de santé jugé préoccupant.
Réagissant à cette demande, le procureur spécial Aly Touré a affirmé : « La justice a aussi un visage humain. Donc, nous ne nous opposons pas à son hospitalisation. Toutefois, si renvoi il y a, il doit être de courte durée. »
La Cour a ainsi statué en faveur de l’hospitalisation de Damaro Camara et a ordonné son placement dans une structure hospitalière de Conakry, avec une prise en charge aux frais du Trésor public.
L’affaire est désormais renvoyée au 20 mars 2025, afin de permettre la citation régulière des autres prévenus.
Damaro Camara : une santé fragile depuis son incarcération
Pour rappel, Amadou Damaro Camara avait déjà été hospitalisé pendant près de deux ans à l’hôpital Sino-Guinéen, avant d’être réintégré à la Maison centrale de Conakry le 20 décembre dernier, sur ordre du parquet spécial de la CRIEF.
Cette nouvelle décision de la Cour relance les débats sur l’état de santé des détenus politiques et économiques en Guinée, un sujet qui continue de diviser l’opinion publique.
Par nimba224.com






