mercredi, février 11, 2026
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CRIEF – Affaire Dr Mohamed Diané : des revendications de biens saisis plongent la Cour dans un imbroglio foncier

L’affaire judiciaire visant l’ancien ministre de la Défense nationale, Dr Mohamed Diané, poursuivi pour des faits présumés d’enrichissement illicite, connaît un nouveau rebondissement. Lors de l’audience du jeudi 17 avril 2025 devant la Chambre des appels de la CRIEF (Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières), plusieurs réclamations de tiers concernant des biens saisis sont venues complexifier davantage la procédure.

La société Diaouné et Frères, représentée par le cabinet d’avocats Almamy Traoré, a officiellement revendiqué la propriété d’un domaine agricole sis à Kankan, inscrit sous le titre foncier n°01398/26 TF. Ce bien figure pourtant sur la liste des saisies prononcées dans le cadre du jugement n°012 du 8 décembre 2024, ayant conduit à la confiscation de plusieurs actifs supposément liés à l’ancien ministre. La société requiert que ce domaine soit exclu de la procédure de confiscation.

Dans le même élan, Me Alseny Aissata Diallo a introduit une tierce opposition au nom d’un autre tiers concerné par un bien inscrit sur la liste des saisies.

Ces initiatives ont toutefois suscité des réserves juridiques. Me Sidiki Bérété, avocat de la défense, a vigoureusement contesté la recevabilité de ces oppositions en invoquant une faille procédurale :

« En matière pénale, la loi ne prévoit pas la tierce opposition. Les personnes concernées peuvent se manifester par courrier auprès de la Cour, qui peut ensuite les convoquer. Mais invoquer une tierce opposition dans ce cadre est juridiquement inapproprié. »

À l’opposé, Me Kondiano, représentant de la partie civile, a évoqué la possibilité de manœuvres de dissimulation opérées par Dr Diané. Selon lui, plusieurs biens immobiliers, notamment à Sonfonia, La Minière, Almamya et même l’ancien siège de la CENI, auraient été acquis par ce dernier, mais enregistrés sous des noms de proches ou de sociétés tierces, dans une logique de camouflage patrimonial :

« Il est important que la lumière soit faite sur l’origine et les véritables propriétaires de ces biens. La justice ne doit pas se laisser tromper par des montages opaques. »

Avec ces nouvelles revendications, la Cour est confrontée à un imbroglio foncier et procédural qui pourrait retarder l’issue du procès. Le dossier reste ouvert, et la CRIEF devra désormais trancher sur la recevabilité et la véracité des différentes réclamations avant de poursuivre l’examen de fond.

Par Ousmane Bangoura

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