Le procès de Maurice Eugène Alecaut, poursuivi dans l’affaire du détournement présumé à la Banque Nationale d’Investissement de Guinée (BNIG), a connu un rebondissement inattendu ce mercredi 4 juin 2025. Présent devant la chambre de jugement de la CRIEF, l’ancien proche du DG déchu, Alpha Mohamed Kallo, a montré des signes de confusion mentale, contraignant son avocat à demander un renvoi du dossier.
L’homme âgé d’une soixantaine d’années est poursuivi pour complicité de détournement de deniers publics, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux. Des faits qui remonteraient à la période 2017-2021, alors qu’il entretenait des relations étroites avec le patron de la BNIG.
Interrogé par le juge Yagouba Conté, Alecaut a nié toute implication dans les faits reprochés. Il a néanmoins reconnu avoir obtenu, sans demande écrite, un prêt de 2 milliards 885 millions de francs guinéens, dont il aurait perçu 1,5 milliard GNF. Cet argent, selon lui, aurait servi à la mise en place d’une ferme baptisée La Prairie.
Mais lorsqu’il s’est agi de présenter des preuves de l’utilisation effective des fonds – notamment un transfert d’un milliard à un prestataire identifié comme « Monsieur Kaba » pour l’achat d’équipements agricoles – le prévenu s’est montré évasif. Il a été invité par la Cour à fournir les pièces justificatives lors de la prochaine audience.
Alors que les débats se poursuivaient, Maurice Eugène Alecaut a montré des signes manifestes de perte de lucidité, ce qui a poussé son avocat, Me Gilbert Tohon Camara, à solliciter un renvoi afin de faire valoir un argument de santé.
Sans opposition des autres parties, la Cour a ordonné la suspension du procès jusqu’au 18 juin 2025, date à laquelle est également attendue la comparution de Me Ibrahima Tounkara, avocat de l’ex-DG Alpha Mohamed Kallo, pour la suite des débats.
Un procès sensible qui mêle proximité amicale, gros montants publics et flou juridique, dans un contexte où la CRIEF multiplie les offensives contre les crimes économiques.
Par H. Camara






