dimanche, avril 5, 2026
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CRIEF : 20 milliards GNF réclamés à Kassory Fofana.

CONAKRY – Nouveau tournant dans un dossier explosif. L’affaire impliquant l’ancien Premier ministre guinéen, Ibrahima Kassory Fofana, a connu ce jeudi 2 avril un rebondissement majeur devant la chambre des appels de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF).

La pression monte. La partie civile, par la voix de Me Pépé Antoine Lamah, a demandé à la Cour de condamner l’ex-chef du gouvernement au paiement de 20 milliards de francs guinéens, dénonçant un appel « abusif ». Une requête qui vient alourdir un passif judiciaire déjà lourd après la condamnation prononcée en première instance.

Audience décisive. À l’ouverture, le président Daye Mara a annoncé la transmission à la Cour du compte rendu de l’audition du prévenu, réalisée le 30 mars alors qu’il était hospitalisé. Dans la foulée, la juridiction a décidé de clore les débats, ouvrant la phase des réquisitions et plaidoiries.

L’État veut une confirmation totale. Dans son réquisitoire, l’avocat de l’État a appelé à confirmer « purement et simplement » le jugement du 27 février 2025. Celui-ci avait condamné Ibrahima Kassory Fofana à :

– 5 ans de prison,

– 2 milliards GNF d’amende,

– 15 milliards GNF de remboursement à l’État,

– 3 milliards GNF de dommages et intérêts,

avec confiscation de ses biens.

Des accusations lourdes et structurées. Pour étayer sa demande, Me Lamah a insisté sur la gravité des faits :

– un détournement présumé de 15 milliards GNF,

– un patrimoine jugé disproportionné,

– des mécanismes présumés de dissimulation financière, notamment via des dépôts bancaires fractionnés.

L’avocat s’est notamment appuyé sur le rapport de l’Inspection générale d’État (IGE) de mars 2021, qui évoque un prélèvement de 95 % du budget de la MAMRI entre 2019 et 2021. Il a également rappelé que le prévenu a reconnu être intervenu dans la réaffectation de ces fonds vers l’ANIES, soulevant la question de la légalité de ces opérations.

Réseaux parallèles et soupçons d’opacité. La partie civile a aussi dénoncé l’implication d’acteurs non habilités dans la gestion des fonds publics, citant notamment le conseiller Ansoumane Camara. Autant d’éléments qui, selon elle, renforcent la crédibilité des conclusions de l’IGE.

Enrichissement illicite et blanchiment dans le viseur. L’accusation pointe un écart frappant entre les revenus mensuels déclarés du prévenu — environ 15 millions GNF — et les montants retrouvés sur ses comptes, estimés à plus d’un milliard de francs guinéens, auxquels s’ajoutent d’importantes sommes en devises.

Des opérations financières fragmentées, assimilées à des techniques de blanchiment de capitaux, auraient également été utilisées pour masquer l’origine des fonds, avec le recours présumé à des prête-noms.

Un procès sous haute tension. Désormais, tous les regards sont tournés vers la décision de la Cour d’appel, attendue dans un climat judiciaire et politique particulièrement sensible.

 

 

 

Par M. DIALLO

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