mercredi, février 11, 2026
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Conakry : Le cadavre d’Alia Keita retrouvé à Matam Lido — le fléau du Kush s’installe dans les rues

Une découverte macabre a secoué les habitants du quartier Matam Lido ce jeudi matin. Le corps sans vie d’un homme d’une quarantaine d’années, identifié comme Alia Keita, a été retrouvé abandonné en bordure de mer, dans une zone insalubre connue pour être un repaire de consommateurs de drogue.

Le corps, visiblement traîné sur plusieurs mètres, portait de nombreuses blessures au visage, selon les premières observations de la Police Technique et Scientifique (PTS). La scène a rapidement été bouclée par les éléments du commissariat central de Matam, en présence des autorités locales.

Facinet Keita, membre de la famille du défunt, indique qu’Alia Keita, célibataire sans enfant, résidait au quartier Touguiwondy. Si les causes exactes du décès ne sont pas encore établies, les enquêteurs privilégient la piste d’un décès lié à la consommation de stupéfiants, notamment le Kush, une drogue de synthèse de plus en plus répandue et dévastatrice.

« C’est un cas typique lié à la drogue », explique le colonel Mohamed N’Diaye, responsable de la police scientifique. « Ces jeunes meurent dans les zones de consommation et leurs camarades déplacent les corps pour les éloigner du lieu initial afin d’éviter des descentes policières. Les traces sur le sol et sur le corps ne laissent aucun doute. »

Face à cette montée en flèche de la criminalité liée à la drogue, le chef du quartier de Matam Lido, Ousmane Camara, ne cache plus son désarroi. Pour lui, la situation a atteint un point critique :

« Nous sommes dépassés. Nous avons affaire à un véritable cartel de drogue dans ce quartier. On retrouve des cadavres régulièrement, et nous, chefs de quartier, sommes impuissants. J’en appelle à l’État : nous avons besoin de sécurité, de forces de l’ordre visibles et actives, et d’un poste avancé sur le littoral pour mettre fin à cette hécatombe. »

Il poursuit :

« Sans une réaction rapide et ferme, la drogue va continuer à ravager notre jeunesse. Et sans jeunesse, c’est l’avenir de la Guinée qui est compromis. »

Ce drame met une fois de plus en lumière l’ampleur du fléau que représente le Kush dans les quartiers populaires de Conakry. Entre insécurité croissante, absence de dispositifs de réhabilitation, et manque de réponse institutionnelle, la situation devient explosive.

La mort d’Alia Keita vient s’ajouter à une longue série de cas similaires, souvent ignorés ou étouffés. Mais cette fois, les autorités locales tirent la sonnette d’alarme. Reste à savoir si elles seront entendues avant qu’un autre corps ne soit retrouvé, dans l’indifférence générale.

En conclusion, à Matam comme dans bien d’autres quartiers de Conakry, le drame d’une jeunesse abandonnée se répète. Combien de vies faudra-t-il encore perdre pour que l’État prenne enfin ses responsabilités ?

Par Ousmane Bangoura

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