Le procès de Kadiatou Kanté, accusée du meurtre de son ami Abdouramane Diallo, a connu un tournant décisif au tribunal criminel de Dixinn, délocalisé à la mairie de Ratoma. Poursuivie pour homicide volontaire, la jeune pâtissière a reconnu les faits devant la cour, implorant pardon pour un acte qu’elle assure ne pas avoir prémédité. Le ministère public a requis 30 ans de réclusion criminelle à son encontre lors de l’audience du jeudi dernier.
Une altercation fatale pour 50 000 GNF
Selon les déclarations de l’accusée, les événements ont dégénéré à la suite d’une dispute autour d’une dette impayée de 50 000 francs guinéens. Elle raconte qu’Abdouramane Diallo, avec qui elle entretenait une relation amicale et professionnelle depuis cinq ans, lui avait emprunté 700 000 GNF pour récupérer sa moto, puis 50 000 GNF pour du carburant.
« Ce jour-là, je l’ai trouvé assis derrière notre cour et je lui ai réclamé les 50 000 GNF, car il avait dépassé le délai de remboursement. Il a ignoré ma demande et m’a repoussé violemment. En réponse, je lui ai saisi le col. C’est alors qu’il a pris un fil à raccord et m’a frappée. Dans la bagarre, je suis tombée sur la table d’une vendeuse de condiments, où j’ai saisi un couteau et l’ai poignardé dans le dos. »
Après ce coup fatal, Abdouramane Diallo a succombé à ses blessures sous les yeux de plusieurs témoins.
Une famille en quête de justice
Face au tribunal, Mamoudou Diallo, père du défunt et partie civile dans l’affaire, a exprimé son chagrin et son désir de justice.
« Je n’ai rien à dire, je veux juste que justice soit rendue. »
Un verdict en attente
Pour le ministère public, les faits sont d’une gravité extrême. Considérant qu’il s’agit d’un acte intentionnel, il a requis 30 ans de prison ferme contre l’accusée.
De leur côté, les avocats de la défense ont plaidé pour une requalification des faits en coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner, une infraction moins sévèrement punie.
En sanglots, Kadiatou Kanté a exprimé ses remords, demandant pardon à la famille de la victime et au tribunal.
« Je regrette profondément cet acte. Abdouramane et moi ne nous étions jamais disputés auparavant. Je demande pardon à ses parents et au tribunal. »
Après les plaidoiries et les réquisitions, le juge a renvoyé l’affaire au 20 mars prochain pour le verdict final. Un dénouement très attendu par la famille de la victime et l’ensemble des parties impliquées.
Par O. Bangoura






