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Biens de Dr Mohamed Diané aux enchères : l’AGRASC déclenche la vente, la défense alerte sur un “risque juridique majeur”

Conakry, 22 mai 2025 – L’étau se resserre autour de l’ex-ministre de la Défense, Dr Mohamed Diané, alors que l’État guinéen s’apprête à liquider plusieurs de ses biens saisis.

L’Agence de Gestion et de Recouvrement des Avoirs Saisis et Confisqués (AGRASC) annonce la mise en vente aux enchères publiques de plusieurs propriétés attribuées à Dr Mohamed Diané, ancien pilier du régime Alpha Condé, à partir du 28 mai prochain. Parmi les biens concernés figurent trois immeubles situés à Kaloum, un immeuble à Yattaya, une usine de transformation d’anacardes ainsi qu’une école dans le quartier Missira à Kankan.

Mais cette opération annoncée ne fait pas l’unanimité. Les avocats de la défense de Dr Diané montent au créneau et dénoncent une démarche précipitée, alors même que la procédure d’appel du jugement ayant ordonné les confiscations est toujours pendante. Dans un communiqué officiel publié ce jeudi, la défense dénonce ce qu’elle qualifie d’« atteinte grave aux droits de leur client » et met en garde contre les conséquences juridiques d’une vente dans un contexte aussi incertain.

« Toute cession dans ces conditions expose les acheteurs à un risque juridique réel, que ce soit par le biais d’actions en revendication de propriété ou par des contestations ultérieures pour nullité de vente », préviennent les avocats.

De son côté, l’AGRASC reste ferme sur sa position. L’agence, chargée de valoriser les biens issus de procédures judiciaires, agit en application des décisions de justice de première instance, qui ont ordonné la saisie au profit de l’État guinéen. L’objectif affiché : mobiliser des ressources financières issues des avoirs illicites pour soutenir les caisses publiques.

Cette affaire, aux allures de test pour l’efficacité de la justice économique guinéenne, cristallise une fois de plus les tensions entre l’exécutif, qui affiche sa volonté de moralisation de la vie publique, et les défenseurs des anciens dignitaires, qui dénoncent des procédures biaisées ou inachevées.

Alors que la date du 28 mai approche, tous les regards sont tournés vers la CRIEF et les juridictions d’appel, qui devront trancher sur la validité des procédures en cours, pendant que l’AGRASC s’apprête à faire tomber le marteau.

Un dossier explosif, entre justice, urgence financière et bataille de légitimité.

La copie du communiqué ci-dessous :

Le Collectif des avocats de Dr Mohamed Diané souhaite porter à la connaissance de l’opinion publique, avec le souci constant de respecter le cadre légal et les décisions de justice, que leur client a interjeté appel du jugement rendu par la chambre de jugement de la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF), le condamnant notamment pour détournement de deniers publics, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux.

Ce jugement, bien que revêtu de l’exécution provisoire, est actuellement déféré à la chambre des appels de la CRIEF, devant laquelle une procédure est en cours. Dans le cadre de cette instance, notre mission de défense, dans le respect du contradictoire et des droits de la défense, consiste à contester à la fois les infractions reprochées à notre client et l’attribution à ce dernier de plusieurs biens immobiliers visés dans la décision de première instance.

Il est important de relever que, depuis l’ouverture de la procédure d’appel, plusieurs tiers ont saisi la juridiction compétente pour revendiquer la propriété de certains desdits biens. Ces démarches, étayées par des documents probants, font apparaître que la majorité des biens concernés (estimée à plus de 80 %) n’appartiendrait pas à Dr Mohamed Diané.

Dans ce contexte, le Collectif des avocats tient à exprimer ses vives préoccupations face à la mise en vente de ces biens par l’Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués (AGRAS), alors que la procédure d’appel est en cours et que la propriété des biens en cause demeure sérieusement contestée.

Nous tenons à rappeler, en notre qualité de conseil, que toute cession intervenue dans ce contexte incertain est de nature à exposer ses bénéficiaires à un risque juridique réel, tant sur le fondement d’actions en revendication de propriété que sur celui de contestations postérieures en nullité de vente.

Nous invitons, en toute loyauté et prudence, l’ensemble des acteurs concernés acquéreurs potentiels, autorités administratives, notaires et tiers de bonne foi à prendre acte de cette insécurité juridique manifeste et à faire preuve de retenue dans toute opération d’acquisition portant sur des biens litigieux.

Confiants dans l’autorité de la justice et le bon déroulement de la procédure d’appel, nous demeurons mobilisés dans l’exercice loyal et indépendant de notre mission de défense, dans le strict respect de l’éthique et des principes fondamentaux de la profession d’avocat.

Fait à Conakry, le 22 mai 2025

Pour le Collectif des Avocats de Dr Mohamed Diané

Maitre Almamy Samory TRAORÉ ‘‘AST’’
Maitre Sekou KOUNDIANO
Maitre Sidiki BÉRÉTÉ

Par M.Diallo

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