Un contentieux historique aux lourdes conséquences financières et diplomatiques se profile pour la Guinée.
La société Axis International Ltd a officiellement engagé une procédure d’arbitrage international contre l’État guinéen devant le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI), une institution de la Banque mondiale. En jeu : 28,9 milliards de dollars américains réclamés en dommages et intérêts, à la suite de la révocation jugée illégale de son permis minier et de la saisie de ses investissements.
Une plainte parmi les plus importantes jamais déposées.
Selon Axis International, cette procédure constitue la troisième plus grande demande d’arbitrage jamais engagée sur la base d’un traité d’investissement, et la deuxième plus importante jamais enregistrée devant la Banque mondiale. La société fonde sa requête sur le Traité bilatéral d’investissement Guinée–Émirats arabes unis (2011) ainsi que sur le Code des investissements guinéen de 1995.
Les montants réclamés reposent, selon l’entreprise, sur des réserves prouvées dépassant 800 millions de tonnes de bauxite, un modèle d’évaluation rigoureux et des principes établis du droit international et du droit guinéen.
Basée à Ras Al Khaimah (Émirats arabes unis), Axis International détient 85 % d’Axis Minerals Resources S.A., société guinéenne exploitant une importante mine de bauxite dans la région de Boffa.
L’entreprise affirme que sa mine était pleinement opérationnelle et figurait en 2024 comme le deuxième producteur de bauxite de Guinée.
Pourtant, le 14 mai 2025, les autorités guinéennes ont annoncé, en direct à la télévision nationale, la révocation de plus de cinquante permis miniers, invoquant la non-exploitation ou la sous-exploitation des sites concernés. Une décision prise, selon Axis, sans notification préalable ni concertation.
« La justification avancée par les autorités ne correspond tout simplement pas à la réalité », soutient Me Gunjan Sharma, avocat d’Axis International au cabinet Volterra Fietta.
« La mine Axis était en activité et produisait à grande échelle. La Guinée devra répondre de l’intégralité des dommages résultant de ses actes illicites délibérés. »
Présente en Guinée depuis 2013, Axis Minerals Resources affirme avoir investi plus de 250 millions de dollars dans le projet, incluant :
la construction d’une route de 75 kilomètres, six usines de transformation, plusieurs ponts et infrastructures logistiques.
La mine aurait soutenu environ 5 000 emplois directs et indirects, impactant des milliers de familles dans la région de Boffa.
« La révocation brutale du permis a eu un effet dévastateur sur les communautés locales », déplore Vasundhara Oswal, directrice générale d’Axis Minerals.
Une production en forte croissance stoppée net
Les premières exportations de bauxite ont débuté en 2020. En 2024, la production atteignait 18 millions de tonnes, avec un rythme quotidien de 169 000 tonnes juste avant la révocation du permis.
À la date du 14 mai 2025, Axis avait déjà exporté près de 16 millions de tonnes, avec une projection de 48 millions de tonnes pour l’année 2025.
Malgré ces performances, l’État guinéen a procédé à la saisie des équipements miniers, au gel des comptes bancaires et à la confiscation du site, invoquant une prétendue non-exploitation.
Pour Me Robert Volterra, avocat principal d’Axis International, les implications sont majeures : « Les sentences du CIRDI sont contraignantes. Leur non-exécution peut compromettre l’accès de la Guinée aux financements de la Banque mondiale, des bailleurs multilatéraux et des marchés financiers internationaux. »
À défaut d’indemnisation ou de participation à la procédure, la Guinée s’exposerait à une perte de crédibilité financière, à des sanctions indirectes et à une dégradation de son attractivité pour les investisseurs étrangers.
En conclusion, Pankaj Oswal, fondateur et président d’Axis International, se montre catégorique :
« Notre investissement a été confisqué sans préavis, sans discussion et sans indemnisation, sur des bases factuellement erronées. Cette affaire envoie un signal extrêmement préoccupant aux investisseurs internationaux. Les protections internationales existent précisément pour ce type de situation.
Aujourd’hui, les projecteurs sont braqués sur la Guinée. »
Par nimba224.com






