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Affaire GIC/AGB2A : la CRIEF inculpe Ahmed Kanté – la justice appelée à résister à toute pression politique

CRIEF – En ordonnant l’inculpation d’Ahmed Kanté pour abus de confiance, la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a rappelé que nul ne peut se placer au-dessus de la loi. Alors que l’ancien patron de la SOGUIPAMI multiplie ses apparitions lors d’événements liés à la campagne électorale, la partie civile redoute une stratégie destinée à influencer la justice.

Une décision judiciaire qui relance un dossier sensible

La Chambre spéciale de contrôle de l’instruction de la CRIEF a rendu, le 2 septembre 2025, un arrêt infirmant une précédente ordonnance de non-inculpation et ordonnant la mise en examen d’Ahmed Kanté pour abus de confiance.

Ce dernier est soupçonné d’avoir détourné à son profit le projet minier GIC/AGB2A, élaboré initialement par feu homme d’affaires français Claude Lorcy.

Les juges ont retenu l’existence d’indices graves et concordants laissant présumer un détournement du projet et de ses bénéfices, en violation des engagements initiaux.

Une stratégie de communication perçue comme une pression sur la justice

Depuis plusieurs mois, M. Kanté multiplie ses apparitions publiques aux côtés de personnalités engagées dans la campagne électorale en Guinée.
Selon la partie civile, cette exposition médiatique aurait pour objectif de donner l’image d’une proximité avec les autorités de transition, notamment le CNRD, aux yeux de l’opinion et des magistrats.

Elle considère que cette posture, sans lien direct avec le fond du dossier judiciaire, peut être perçue comme une tentative de faire pression sur les juges en laissant croire qu’il bénéficie d’un appui politique.

Pour la veuve de Claude Lorcy, partie civile dans cette affaire, « cette tactique s’apparente à une forme de trafic d’influence déguisé », susceptible de fragiliser l’indépendance de la justice et d’altérer la perception d’impartialité du traitement du dossier.

Elle rappelle que la seule attente légitime est celle d’une justice rendue sur la base du droit et des preuves, et non sous l’effet d’une image publique ou d’une proximité supposée avec le pouvoir.

Des enjeux de justice et de sécurité juridique

Feu Claude Lorcy est décédé en laissant une veuve et trois enfants à charge, qui affirment ne disposer ni des moyens ni de l’influence pour corrompre qui que ce soit et s’en remettre entièrement à l’impartialité et à la célérité des acteurs de la justice guinéenne.

Ils soutiennent que, pendant qu’ils attendent l’issue de la procédure, M. Kanté exploite les plateaux miniers de GIC et en perçoit plusieurs millions de dollars, sans qu’aucune retombée ne parvienne aux ayants droit de M. Lorcy.

Pour nombre d’observateurs, cette affaire illustre la nécessité absolue d’une justice indépendante, insensible aux pressions politiques ou médiatiques, seule garante de la sécurité juridique des investissements et de la crédibilité de l’État de droit en Guinée.

À retenir :

  • La CRIEF a inculpé Ahmed Kanté pour abus de confiance, annulant une précédente non-inculpation.
  • Il est soupçonné d’avoir détourné le projet minier GIC/AGB2A, conçu avec feu Claude Lorcy.
  • La partie civile estime que ses apparitions répétées en période électorale viseraient à faire croire à une proximité avec le CNRD pour impressionner les juges, une démarche qu’elle qualifie de « trafic d’influence déguisé ».
  • Elle appelle à ce que la justice tranche en toute impartialité, sans céder à aucune pression ni influence apparente.

VOICI LA DECISION RENDUE PAR LA CRIEF

 

Par Lansana YANSANE

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