Le procès très médiatisé opposant Dr Fodé Oussou Fofana, vice-président de l’UFDG, à Ramesh Chandra, propriétaire d’une centrale à béton implantée à Lambanyi, s’est poursuivi ce lundi devant le tribunal correctionnel de Dixinn. Accusé de pollution de l’environnement et de nuisance sonore, le prévenu pourrait finalement bénéficier d’un renvoi des fins de la poursuite, suite aux réquisitions du parquet.
Installée le long de la route Lambanyi-Wareyah, la société de béton dirigée par Ramesh Chandra est au cœur d’un litige environnemental. La partie civile, représentée par Me Pépé Antoine Lamah, estime que les activités de l’usine portent atteinte à la santé et à la tranquillité du voisinage, en particulier à la résidence de Dr Oussou Fofana.
Durant l’audience, plusieurs points de fait ont été passés au crible. Interrogé par le tribunal, le prévenu a confirmé que son activité avait démarré en octobre 2024, avec l’autorisation de l’AGEROUTE, sans qu’une étude d’impact environnemental ne lui soit exigée. Il a également précisé que l’usine était à l’arrêt depuis 26 jours.
Dans sa plaidoirie, Me Lamah a souligné l’absence de cadre légal régissant l’activité de l’usine. Il a mis en exergue les nuisances sonores et les poussières persistantes, demandant la fermeture définitive de la centrale ainsi que 2 milliards de francs guinéens de dommages et intérêts.
Cependant, le ministère public a adopté une tout autre position. Dans son réquisitoire, le substitut du procureur a estimé que la société avait apporté des documents de conformité, et que rien ne prouvait de manière tangible une gêne sonore ou une pollution susceptible d’affecter Dr Fofana. Il a donc requis le renvoi du prévenu des fins de la poursuite pour infraction non constituée, tout en invitant la partie civile à « mieux se pourvoir ».
L’avocat de Ramesh Chandra s’est réjoui de ces réquisitions, plaidant la non-culpabilité de son client et demandant au tribunal d’appliquer l’article 544 du Code de procédure pénale, qui autorise le classement sans suite lorsque les charges sont insuffisantes. Le prévenu a, pour sa part, sollicité la réouverture de son usine.
Le verdict est attendu pour le 16 juin 2025, date fixée pour le délibéré. Ce procès pourrait bien marquer un tournant dans les litiges liés à l’environnement industriel en zone urbaine.
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