Les avocats de l’artiste et activiste guinéen Élie Kamano tirent la sonnette d’alarme. Dans une lettre ouverte adressée au président de la Transition, ils dénoncent l’enlèvement coordonné de plusieurs membres de sa famille — ses enfants, ses neveux et un cousin — un acte qu’ils qualifient d’“intolérable” et de “profondément suspect”.
Selon eux, les éléments dont dispose leur client pointent clairement vers des mains au sein du régime. Pour sa défense, le silence total du gouvernement depuis le rapt constitue un signal troublant : « Ce mutisme ne fait que renforcer la thèse d’une implication des autorités », écrivent-ils.
Les avocats s’appuient également sur les rapports d’ONG qui dépeignent une situation des droits humains “extrêmement préoccupante” en Guinée. Un climat, estiment-ils, qui donne davantage de crédibilité aux craintes d’Élie Kamano.
Ils rappellent que l’artiste avait initialement placé beaucoup d’espoir dans le processus de Transition. Il s’était même déclaré prêt à accompagner les autorités et à assumer d’éventuelles responsabilités publiques pour contribuer à un changement positif. Mais, affirment-ils, les violations répétées des libertés, la répression politique et la censure croissante ont fini de briser cet espoir.
Déçu mais déterminé, Élie Kamano a alors choisi de poursuivre son combat à travers sa musique et ses prises de position publiques — un engagement qui, selon ses avocats, lui vaut aujourd’hui d’être la cible de réelles représailles.
Pour sa défense, il ne fait désormais plus de doute : l’influence de l’artiste, amplifiée par sa forte mobilisation citoyenne, serait au cœur de ce qu’ils considèrent comme une tentative d’intimidation politique.
Par nimba224.com






