Le tribunal correctionnel de Mafanco a rendu son verdict dans une affaire d’abus de confiance qui a profondément choqué l’opinion locale. Mariama Baldé, 23 ans, a été reconnue coupable de détournement de fonds à hauteur de 45 millions de francs guinéens, au préjudice de son propre oncle, Thierno Souleymane Baldé. Le tribunal l’a condamnée à une peine d’un an de prison, dont deux mois avec sursis, assortie d’une amende de deux millions GNF, et de l’obligation de rembourser la totalité du montant détourné.
Les faits remontent à plusieurs mois. Alors qu’il devait se rendre en Tunisie pour des soins médicaux, Thierno Souleymane Baldé, propriétaire d’une boutique d’électroménagers à Tombolia, confie la gestion de son commerce et de son service Orange Money à sa nièce, Mariama Baldé. Cette dernière, en qui il avait une totale confiance, avait même accès à ses codes personnels.
Mais à son retour, après trois mois d’absence, l’inventaire révèle une perte de 45 millions GNF. Interrogée, Mariama finit par reconnaître les faits : elle avait accordé des crédits à plusieurs personnes sans l’aval du propriétaire, et sans tenir de comptabilité rigoureuse.
« J’ai prêté l’argent à des gens », admet-elle devant le juge
À la barre, la prévenue n’a pas tenté de nier les faits. « J’ai accordé des dettes à plusieurs personnes avec l’argent de la boutique, mais je n’ai informé personne », a-t-elle reconnu. Des propos confirmés par la partie civile, visiblement déçue et émue.
« C’est ma propre nièce. Je lui ai confié la boutique et même mes codes Orange Money. À mon retour, elle a d’abord nié, puis fini par admettre qu’elle avait tout perdu. Elle encaissait des abonnements d’un an, mais ne les enregistrait que pour six mois. Elle a même effacé les traces de ses transactions », a dénoncé Thierno Souleymane Baldé, en larmes à la barre.
Le procureur Siba Toupou a requis une peine exemplaire : un an de prison ferme et cinq millions GNF d’amende, soulignant la mauvaise foi manifeste de la prévenue et le caractère moralement grave de l’affaire, compte tenu du lien familial entre les deux parties.
Dans sa décision, le président du tribunal, Mamadou Dian Diallo, a finalement retenu une peine d’un an de prison dont deux mois assortis de sursis, ainsi qu’une amende de deux millions GNF. Mariama Baldé devra également rembourser intégralement les 45 millions de francs guinéens à la partie civile.
Ce jugement sonne comme un rappel sévère : même la confiance la plus intime ne saurait justifier l’impunité en matière de gestion frauduleuse.
Par nimba224.com






