CONAKRY — Coup de théâtre ce lundi 14 septembre 2026 à Gbessia, aux abords immédiats de l’aéroport international Ahmed-Sékou-Touré. Plusieurs immeubles considérés comme susceptibles de surplomber la plateforme aéroportuaire font l’objet d’une opération de démantèlement. Sous haute surveillance sécuritaire, les toitures des bâtiments ciblés sont progressivement retirées, laissant planer de nombreuses interrogations sur la suite de l’opération.
L’intervention a débuté après que les occupants des immeubles concernés ont été invités, dès dimanche soir, à libérer les lieux.
Ce lundi matin, un important dispositif sécuritaire a été déployé dans la zone. Des éléments du génie militaire ainsi que des agents de la gendarmerie relevant du ministère de l’Urbanisme et de l’Habitat participent à l’opération. Pour l’heure, les opérations se concentrent sur le retrait des toitures des immeubles identifiés.
Sur place, plusieurs agents mobilisés affirment toutefois ne pas disposer de précisions définitives concernant la prochaine étape. D’après les informations recueillies, de nouvelles instructions pourraient être données après une éventuelle visite du président de la République, Mamadi Doumbouya, sur le site.
Une incertitude demeure donc : les bâtiments seront-ils entièrement démolis ou seuls certains niveaux seront-ils concernés ?
À ce stade, aucune indication définitive ne permet de trancher cette question. La mesure intervient dans une zone particulièrement sensible, située entre la base militaire et l’aéroport international Ahmed-Sékou-Touré.
Selon les témoignages recueillis auprès des occupants, la justification avancée par les autorités repose sur des impératifs de sécurité de l’État. Une explication qui a pris de court plusieurs propriétaires et locataires, certains affirmant avoir été informés seulement quelques heures avant le début de l’intervention; « Nous ne nous opposerons pas, mais nous demandons une indemnisation »
Parmi les propriétaires concernés, Amadou Camara dit avoir appris dimanche la décision de démanteler son immeuble. Selon son témoignage, les autorités leur auraient expliqué que l’opération répondait à des impératifs liés à la sécurité de l’État.
« J’ai acheté ici depuis 1972. Ils sont venus nous trouver ici, hier dimanche, et nous ont demandé de démanteler l’immeuble. Nous avons demandé pourquoi. Ils nous ont dit que c’est pour la sécurité de l’État. Nous étions stupéfaits. Mais bon, nous avons décidé de rester derrière les autorités », témoigne-t-il.
Il explique que les premières interventions ont commencé ce lundi par le retrait des toitures; « Ce matin, les agents de sécurité sont venus dégager la toiture des immeubles. On nous a rassurés que c’est seulement l’immeuble qui surplombe qui est concerné, en tout cas, chez nous ici », poursuit-il.
Le propriétaire dit comprendre l’argument sécuritaire avancé par les autorités, tout en appelant à une prise en charge des conséquences financières pour les personnes affectées; « Nous ne nous opposerons pas à cela, parce que certainement, notre sécurité en dépend aussi. Cependant, nous plaidons pour une indemnisation rapide, parce que les dépenses deviennent trop importantes après ce déguerpissement », plaide-t-il.
Dans les bâtiments concernés, l’heure est désormais à l’évacuation. Meubles, effets personnels, équipements et autres biens sont progressivement sortis des immeubles, dans l’attente d’éventuelles opérations de démolition ou de nouvelles instructions.
Mais au-delà de l’urgence matérielle, une autre question se pose : quel sera le dispositif d’accompagnement prévu pour les propriétaires et occupants contraints de quitter les lieux ?
Pour l’instant, aucune précision définitive n’a été communiquée sur l’étendue exacte du démantèlement ni sur d’éventuelles mesures d’indemnisation.
Situés dans le périmètre compris entre la base militaire et l’aéroport international Ahmed-Sékou-Touré, les immeubles ciblés se trouvent dans une zone stratégique de Conakry. L’opération de ce lundi marque ainsi une nouvelle étape dans la sécurisation des abords de la plateforme aéroportuaire.
Reste désormais à savoir jusqu’où ira le démantèlement : simple retrait des toitures, réduction de certains niveaux ou démolition complète des bâtiments ?
La réponse devrait dépendre des prochaines instructions des autorités.
Par M.DIALLO






