CONAKRY – Et si les longues files d’attente devant les guichets administratifs devenaient bientôt un mauvais souvenir ? C’est en tout cas le pari que veut relever le Gouvernement guinéen.
Le Premier ministre, Chef du Gouvernement, Amadou Oury Bah, a reçu ce jeudi une délégation du ministère de la Modernisation de l’Administration et de la Fonction publique, conduite par le ministre Faya François Bourouno. Au menu : une transformation qui pourrait bouleverser le quotidien de millions d’usagers, avec la présentation de deux outils numériques majeurs : le portail national e-service et la plateforme d’interopérabilité X-Road.
Derrière ces deux plateformes, une ambition assumée : réduire la bureaucratie, accélérer les démarches administratives et rendre l’État plus transparent. Le projet de guichet unique des services publics doit permettre de regrouper progressivement les prestations administratives sur un portail national.
Pour le citoyen ou l’entreprise, l’objectif est simple : moins de déplacements, moins de documents physiques, moins d’attente et davantage de visibilité sur les procédures.
La plateforme e-service doit ainsi permettre la dématérialisation des services publics et faciliter l’accès aux démarches administratives. Lors de l’audience, une démonstration complète a été réalisée devant le Premier ministre afin de présenter concrètement le fonctionnement de la plateforme.
Mais la véritable bataille se joue aussi en coulisses. Comment faire fonctionner une administration numérique lorsque ses différents services ne communiquent pas efficacement entre eux ?
C’est précisément le rôle assigné à X-Road, la plateforme nationale d’interopérabilité pilotée par l’Agence nationale de digitalisation de l’État (ANDE).
Elle doit permettre aux différents systèmes d’information publics d’échanger des données et de communiquer entre eux. L’ambition est donc de passer d’administrations fonctionnant en silos à un État où l’information circule plus rapidement, de manière sécurisée et traçable.
Le Premier ministre a salué le travail accompli par les équipes ayant conçu ces plateformes, notamment l’ANDE; mais son message est clair : la digitalisation ne doit pas être une vitrine technologique. Elle doit produire des résultats mesurables.
Amadou Oury Bah veut notamment que ces outils permettent de réduire les délais de traitement, fiabiliser les informations, renforcer la traçabilité et améliorer la transparence des procédures.
Le Chef du Gouvernement voit également dans la digitalisation un moyen de réduire les coûts supportés par les usagers et de lutter contre les pratiques frauduleuses.
« Ces outils doivent, à terme, contribuer à réduire les coûts d’accès aux services publics et à lutter contre les pratiques frauduleuses. »
Une déclaration qui donne la mesure de l’enjeu : digitaliser pour rendre l’administration plus efficace, mais aussi pour réduire les zones d’ombre où peuvent prospérer les pratiques illicites.
Pour éviter la dispersion des initiatives et accélérer la mise en œuvre, le Premier ministre a annoncé la création prochaine d’un comité interministériel dédié à la digitalisation de l’État.
Cette instance devra renforcer la coordination entre les différents départements et accompagner le déploiement des outils numériques. Le chantier est immense. Mais l’objectif est désormais clairement affiché : faire passer l’administration guinéenne d’un modèle dominé par les dossiers papier et les déplacements physiques à une administration plus rapide, connectée et transparente.
Le lancement des plateformes n’est cependant qu’une première étape. Le véritable succès de cette révolution numérique se mesurera ailleurs : au temps que le citoyen ne perdra plus dans les couloirs de l’administration, aux démarches qu’il pourra effectuer à distance, aux délais qui seront réduits et aux pratiques frauduleuses qui pourront être mieux combattues.
La Guinée veut donc digitaliser son État. Reste désormais à transformer le clic en efficacité et la plateforme en véritable service public.
Par M. DIALLO






