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Affaire des 43 milliards GNF : le CNT contre-attaque et rejette les accusations de détournement de fonds

CONAKRY – Accusé dans une affaire présumée de détournement de 43 milliards de francs guinéens, le Conseil national de la Transition (CNT) sort de son silence. Face aux graves allégations relayées par plusieurs médias, l’institution parlementaire de la Transition dénonce ce qu’elle qualifie d’« interprétation erronée » des faits et affirme qu’aucun détournement de deniers publics n’a été commis. Dans une longue mise au point, le CNT soutient que les montants en cause relèvent d’une décision institutionnelle régulièrement adoptée, inscrite dans la Loi de finances et exécutée conformément aux procédures budgétaires de l’État.

Selon le CNT, les accusations de détournement de deniers publics, de corruption d’agents publics, de blanchiment de capitaux, d’enrichissement illicite, de faux et usage de faux ainsi que de complicité reposeraient sur une lecture incomplète du dossier. L’institution estime que ces qualifications pénales, d’une extrême gravité, ne peuvent être retenues qu’à la lumière d’éléments matériels juridiquement établis.

Dans son communiqué, le Conseil rappelle qu’à l’approche des élections législatives du 31 mai 2026, la Conférence des Présidents, réunie le 24 mars 2026, avait créé une commission chargée d’examiner les droits et avantages susceptibles d’être accordés aux conseillers nationaux ainsi qu’aux agents de l’Administration parlementaire au terme de leur mission.

Les conclusions de cette commission ont été adoptées lors de la réunion du 13 avril 2026. Elles prévoyaient notamment :

une prime exceptionnelle de fin de mission de 500 millions de francs guinéens pour chacun des 81 conseillers nationaux, soit un montant global de 40,5 milliards GNF ;

une enveloppe de 2,5 milliards GNF destinée à récompenser certains agents de l’Administration parlementaire pour leur engagement et leurs performances.

Le CNT précise que les 43 milliards GNF évoqués dans les articles de presse correspondent exclusivement à l’addition de ces deux enveloppes.

L’institution insiste sur un point qu’elle juge fondamental : les crédits n’ont jamais été gérés directement par l’Administration parlementaire.

Selon le communiqué, les propositions validées par les organes compétents du CNT ont ensuite été intégrées au processus d’élaboration de la Loi de finances initiale 2026, approuvées par le Gouvernement, inscrites au budget de l’État au titre des dépenses de personnel, puis exécutées suivant le circuit normal de la dépense publique, à travers le système GEDA et la Banque centrale.

Le CNT affirme ainsi qu’aucun responsable administratif — qu’il s’agisse du Secrétaire général, des directeurs ou d’autres cadres — n’a disposé librement de ces fonds, excluant, selon lui, toute possibilité de détournement.

Le Conseil souligne que les 81 conseillers nationaux ont effectivement perçu leurs primes, représentant plus de 94 % du montant global.

Selon lui, les contestations concernent uniquement les 2,5 milliards GNF destinés à certains agents de l’Administration parlementaire. Cette prime n’était pas destinée à l’ensemble du personnel mais à des agents sélectionnés sur la base de critères liés à leur implication, leur disponibilité et leur rendement, sur proposition des directeurs et chefs de service.

Le CNT estime que les critiques relèvent davantage d’un différend sur les critères de sélection que de l’existence d’une quelconque infraction pénale.

Dans sa déclaration, le Conseil réfute également les différentes qualifications pénales avancées dans cette affaire.

Il soutient qu’aucun élément ne permet d’établir un pacte de corruption, que les fonds proviennent d’une inscription budgétaire régulièrement autorisée, qu’aucun enrichissement personnel injustifié n’est démontré, qu’aucun faux document n’a été identifié et qu’aucune complicité ne peut être retenue en l’absence d’une infraction principale caractérisée.

Le Conseil invoque la présomption d’innocence

En conclusion, le Conseil national de la Transition affirme que cette affaire ne porte ni sur une disparition de fonds publics ni sur une opération frauduleuse, mais sur l’exécution d’une décision institutionnelle prise dans un cadre légal et budgétaire.

Réaffirmant son attachement aux principes de transparence, de responsabilité et de bonne gouvernance, le CNT appelle également au respect de la présomption d’innocence et de l’honneur de ses membres, tout en rappelant que toute accusation doit être appréciée avec objectivité, rigueur et dans le strict respect des principes de l’État de droit.

 

 

Par M. DIALLO

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