CONAKRY – En pleine journée électorale, la Haute Autorité de la Communication (HAC) a pris une décision qui fait déjà grand bruit dans le paysage médiatique guinéen. L’organe de régulation des médias a prononcé, ce dimanche 31 mai 2026, une suspension de six mois à l’encontre de Saifoulaye Diallo, correspondant régional de l’Agence Guinéenne de Presse (AGP) à Labé.
Dans une décision rendue publique alors que se déroulaient les élections législatives et communales, l’institution reproche au journaliste des faits jugés particulièrement graves et incompatibles avec l’exercice de la profession en période électorale.
Selon les conclusions du Collège des commissaires de la HAC, il est établi que Saifoulaye Diallo aurait fait usage de son statut professionnel à des fins partisanes, en violation des règles déontologiques qui encadrent la couverture médiatique des élections.
L’organe de régulation affirme notamment que le correspondant de l’AGP aurait dissimulé son accréditation officielle pour mener des activités à caractère politique et aurait profité de sa présence sur le terrain pour diffuser des consignes de vote explicites en faveur d’une liste de candidats engagés dans le scrutin.
Pour la HAC, ces agissements constituent une entorse grave aux principes fondamentaux qui régissent le métier de journaliste, notamment l’indépendance, la neutralité et l’impartialité.
Le Collège des commissaires qualifie ainsi les faits de « violation flagrante des principes de neutralité, d’indépendance et d’impartialité », des exigences jugées essentielles dans le contexte sensible d’une consultation électorale.
La sanction infligée au journaliste est particulièrement lourde. Conformément aux dispositions de la décision, Saifoulaye Diallo est suspendu de toute activité journalistique pour une durée de six mois.
Durant cette période, il lui est interdit d’exercer toute fonction liée à la collecte, au traitement ou à la diffusion de l’information, quel que soit le support utilisé.
La mesure s’accompagne également du retrait de son accréditation officielle, le privant de toute couverture médiatique des événements institutionnels et publics pendant la durée de la sanction. Cette décision intervient dans un contexte marqué par une vigilance accrue des autorités sur le respect des règles de couverture médiatique du double scrutin législatif et communal.
À travers cette sanction, la HAC entend rappeler aux professionnels des médias leur obligation de neutralité et leur responsabilité dans la préservation de l’équité du processus électoral.
Alors que les opérations de vote se poursuivent à travers le pays, cette affaire relance le débat sur l’éthique journalistique en période électorale et sur le rôle des médias dans la consolidation d’un processus démocratique transparent et crédible.
La décision intégrale de la Haute Autorité de la Communication est attendue pour apporter davantage de précisions sur les circonstances ayant conduit à cette suspension exceptionnelle.
Par nimba224.com







