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CRIEF : malgré une troisième procédure engagée directement par l’État contre Ahmed Kanté, l’ancien ministre continuerait à tirer des revenus du projet au cœur des poursuites

CONAKRY – La pression judiciaire se renforce autour de l’ancien ministre des Mines, Ahmed Kanté. Déjà impliqué dans plusieurs procédures sensibles devant les juridictions guinéennes, l’ex-haut responsable du secteur minier se retrouve désormais au centre d’une nouvelle offensive judiciaire, cette fois directement engagée par l’État guinéen à travers le parquet spécial de la CRIEF.

Une évolution majeure dans une affaire aux multiples ramifications, qui marque un tournant décisif dans les poursuites visant l’ancien ministre.

Contrairement aux deux précédentes affaires impliquant des parties civiles privées, cette nouvelle procédure se distingue par un élément central : la République de Guinée agit elle-même en qualité de partie lésée à travers le parquet spécial de la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF).

Pour de nombreux observateurs, cette procédure constitue un signal fort envoyé par les autorités judiciaires dans un dossier devenu particulièrement sensible.

Le parquet spécial soupçonne Ahmed Kanté d’être impliqué dans des faits présumés de corruption, détournement de deniers publics, escroquerie, blanchiment de capitaux, prise illégale d’intérêts, faux et usage de faux, ainsi que diverses irrégularités liées à la gestion de projets miniers stratégiques.

Lors des récentes audiences, le ton du ministère public s’est considérablement durci. Les faits reprochés à l’ancien ministre ont été qualifiés de « banditisme intellectuel » par le parquet spécial de la CRIEF, une expression particulièrement lourde de sens dans le contexte judiciaire actuel.

Malgré la gravité des accusations, la forte mobilisation des autorités judiciaires et l’importance du dossier, l’ancien ministre ne s’est une nouvelle fois pas présenté devant la Cour, reproduisant, selon plusieurs observateurs, la même stratégie de défense que lors des précédentes audiences. Son coaccusé, Aboubacar Sidiki Kanté, était également absent.

La juridiction a finalement fixé la consignation à vingt millions de francs guinéens et renvoyé l’affaire au 8 juin prochain.

Mais au-delà des accusations judiciaires, un autre élément suscite de profondes interrogations : malgré les trois procédures actuellement en cours, Ahmed Kanté continuerait toujours à percevoir des revenus liés au projet minier au centre des différents contentieux.

Une situation que de nombreux observateurs jugent incompréhensible au regard de la gravité des accusations portées contre lui.

Pour plusieurs analystes suivant ce dossier, la poursuite des activités financières autour de ce projet soulève désormais la question de l’éventuelle mise en place de mesures conservatoires par la justice, notamment jusqu’à l’issue définitive des procédures judiciaires en cours.

Dans les milieux judiciaires et économiques, certains estiment que la Cour devrait envisager la suspension de toute opération susceptible de permettre à l’ancien ministre de continuer à bénéficier financièrement d’un projet actuellement sous enquête judiciaire.

 

 

Par Lans YANS

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