La situation du commandant Aboubacar Diakité, dit “Toumba”, prend une tournure critique. Ce mardi 17 mars 2026, devant le Tribunal de première instance de Coyah, ses avocats ont lancé un véritable cri d’alerte, dénonçant une détention « illégale » et des conditions sanitaires jugées alarmantes.
Au cœur de la bataille judiciaire : le transfèrement contesté de l’ancien aide de camp à la maison d’arrêt de Coyah. Pour ses conseils, cette décision n’a aucun fondement juridique solide et viole les droits élémentaires de leur client.
« Aucune décision formelle ne justifie sa présence ici. Rien n’a été notifié ni à lui ni à nous », ont martelé Maîtres Paul Yomba Kourouma et Lanciné Sylla, qui ont assigné le procureur de la République et le régisseur de la prison pour détention arbitraire.
Au-delà de la procédure, c’est l’état de santé du détenu qui inquiète. Souffrant d’une hernie de la ligne blanche et d’hypertension, Aboubacar Diakité aurait été retrouvé dans un état de grande faiblesse lors d’un transport judiciaire ordonné par le tribunal.
« Nous avons découvert un homme diminué, se tenant le ventre, isolé dans un sous-sol, sans accès réel à des soins. Il n’existe aucune structure médicale capable de le prendre en charge. En cas de complication, le pire est à craindre », a alerté Me Paul Yomba Kourouma.
La défense insiste sur un point : il ne s’agit pas d’obtenir la libération de leur client, mais de garantir des conditions de détention compatibles avec son état de santé.
Elle réclame ainsi son retour à la maison centrale de Conakry, jugée plus adaptée en raison de sa proximité avec des structures hospitalières.
« Il doit purger sa peine, mais pas au prix de sa vie », résument les avocats, qui rejettent tout argument sécuritaire justifiant son maintien à Coyah.
Après plusieurs heures de débats, le tribunal a mis sa décision en délibéré pour le 24 mars. D’ici là, la pression monte autour de ce dossier sensible, qui met en lumière les failles du système carcéral en Guinée.
Au-delà du cas Toumba, c’est toute la question du respect des droits des détenus et de l’accès aux soins en milieu carcéral qui se retrouve brutalement posée. Une affaire qui pourrait faire jurisprudence.
Par M. DIALLO






