Conakry – Le verdict est tombé au tribunal criminel de Mafanco. Poursuivi pour trafic de drogue à haut risque, Ali Camara a été reconnu coupable et condamné à 20 mois de réclusion criminelle, au terme de l’audience tenue ce mercredi.
Détenu à la maison centrale de Conakry depuis le 12 mai 2025, le jeune homme avait été interpellé à l’aéroport international de Conakry en possession de deux valises contenant plus de 6 kilogrammes de cocaïne, qu’il s’apprêtait à convoyer vers la France.
À la barre, l’accusé n’a pas contesté les faits. Il a reconnu sa participation au trafic, tout en invoquant un mobile qu’il qualifie de désespéré.
« J’avais besoin de 15 000 euros pour les soins de ma fille qui a un problème de cœur. J’ai agi uniquement pour tenter de lui sauver la vie. Et je le regrette amèrement », a-t-il déclaré devant la cour.
Un argument que sa défense a tenté de faire valoir lors des plaidoiries, invoquant l’« état de nécessité » et sollicitant l’application de l’article 21 du Code pénal guinéen.
Lors de l’audience précédente, le ministère public, représenté par le procureur Kanfory Ibrahima Camara, avait requis cinq ans de réclusion criminelle assortis d’une amende de 500 millions de francs guinéens.
Après avoir entendu les différentes parties, le tribunal, présidé par M’Balou Traoré, a finalement retenu la culpabilité de l’accusé pour trafic de drogue à haut risque, tout en prononçant une peine inférieure aux réquisitions du parquet.
Cette condamnation intervient dans un contexte de lutte accrue contre les réseaux de trafic de stupéfiants transitant par l’aéroport de Conakry.
Si la juridiction a tenu compte des circonstances évoquées par l’accusé, elle a néanmoins rappelé que le trafic de drogue demeure une infraction grave, quelles qu’en soient les motivations.
Le tribunal a ainsi tranché : la compassion invoquée n’efface pas la responsabilité pénale.
Par M. DIALLO






