Conakry — Coup de théâtre judiciaire. Après plus de trois ans et demi passés en prison, l’ancien ministre de la Ville et de l’Aménagement du territoire, Ibrahima Kourouma, a été remis en liberté ce mardi 17 février 2026, à l’issue d’un arrêt de la Chambre des appels de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF).
Incarcéré depuis le 21 avril 2022, l’ex-membre du gouvernement (août 2017 – septembre 2021) avait été condamné en première instance à quatre ans de prison ferme et trois milliards de francs guinéens d’amende. Il était poursuivi pour détournement de deniers publics et enrichissement illicite portant sur plus de 612 milliards GNF et 12 millions de dollars, aux côtés de l’ancien directeur administratif et financier du ministère, Mohamed V Sankhon.
Dans sa décision rendue ce mardi, la Chambre des appels a tout simplement renversé le verdict : relaxe pure et simple pour les deux prévenus. Le président de la Chambre, Francis Kova Zoumanigui, a estimé que les infractions reprochées n’étaient pas constituées, mettant fin aux poursuites.
Conséquences immédiates :
– Restitution intégrale des biens saisis appartenant à Ibrahima Kourouma
– Rejet de toutes les prétentions civiles de l’État guinéen
Ce verdict marque un tournant majeur dans l’un des dossiers emblématiques traités par la CRIEF. Il relance, avec force, le débat sur la détention préventive prolongée, la solidité des procédures judiciaires et la lutte contre la corruption en Guinée.
Après 1 398 jours derrière les barreaux, Ibrahima Kourouma sort libre — blanchi par la justice.
Par F. KEÏTA






