Le verdict est tombé. Mamadou Moustapha Bah, tailleur de profession, interpellé à l’aéroport international Ahmed Sékou Touré en possession de trois kilogrammes de cocaïne, a été condamné à quatre ans de prison ferme par le tribunal criminel de Mafanco. Le jugement a été rendu ce mercredi 14 janvier 2026, mettant un terme à une affaire emblématique du trafic international de stupéfiants impliquant des réseaux transnationaux.
Lors de son arrestation, l’accusé n’a jamais nié la présence de la drogue dans ses bagages. En revanche, il a constamment contesté en être le propriétaire, affirmant avoir été instrumentalisé par une cliente, identifiée comme Koulako Sidibé, qu’il présentait comme une femme d’affaires.
À la barre, Mamadou Moustapha Bah a longuement expliqué les circonstances de leur relation, qu’il dit entretenir depuis près de cinq ans. Selon ses déclarations, cette cliente, rencontrée par l’entremise de voisins de son immeuble, appréciait la qualité de son travail de tailleur et lui confiait régulièrement des commandes pour son mari. C’est dans ce contexte qu’elle lui aurait proposé un voyage au Maroc, sans jamais l’informer du contenu réel du colis qu’il transportait.
Lors des réquisitions, le ministère public a fermement contesté la version de l’accusé. Le procureur a rappelé que Koulako Sidibé est déjà connue des services judiciaires pour son implication dans le trafic international de stupéfiants et qu’elle a été condamnée dans une procédure antérieure.
Considérant la gravité des faits et la quantité de drogue saisie, le parquet avait requis sept ans de prison ferme assortis d’une amende de 500 millions de francs guinéens.
Dans sa décision, le tribunal criminel de Mafanco, présidé par la juge M’Balou Traoré, a toutefois procédé à une requalification des faits. L’infraction initialement poursuivie comme trafic international de drogue a été retenue sous la qualification de tentative de trafic international de stupéfiants.
Reconnu coupable, Mamadou Moustapha Bah a été condamné à quatre ans d’emprisonnement ferme, une peine inférieure aux réquisitions du parquet, mais qui marque la fermeté de la justice face aux réseaux de drogue utilisant des profils ordinaires comme courroies de transmission.
Ce verdict rappelle que, volontaire ou non, le transport de stupéfiants expose à de lourdes sanctions. Il met également en lumière les stratégies des trafiquants internationaux, qui exploitent souvent des citoyens ordinaires pour acheminer des cargaisons illicites au-delà des frontières.
À Mafanco, la justice a tranché : nul n’est au-dessus de la loi, même lorsqu’il se présente comme une simple victime du système.
Par M. DIALLO






