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Présidentielle 2025 : la contestation de Baldé, entre stratégie politique et bataille de légitimité (Par M.DIALLO)

La sortie médiatique d’Abdoulaye Yéro Baldé, candidat du FRONDEG arrivé deuxième à l’élection présidentielle du 28 décembre 2025, dépasse le simple cadre d’une réaction post-électorale. Elle s’inscrit dans une stratégie politique assumée, visant à repositionner son camp dans un paysage institutionnel dominé par un pouvoir élu dès le premier tour.

Avec 6,59 % des suffrages selon les résultats provisoires de la DGE, Abdoulaye Yéro Baldé ne remet pas en cause l’écart numérique qui le sépare du vainqueur, Mamadi Doumbouya. Son discours évite d’ailleurs toute revendication chiffrée alternative. Le cœur de sa démarche est ailleurs : la légitimité du processus électoral.

En contestant la « réalité des urnes » plutôt que les chiffres bruts, le candidat du FRONDEG cherche à déplacer le débat du terrain électoral vers le terrain institutionnel et moral, là où se jouent souvent les rapports de force post-scrutin.

L’annonce de recours judiciaires devant la Cour suprême apparaît moins comme une tentative réelle d’inverser le résultat que comme un outil de pression politique. Dans un contexte où les décisions judiciaires post-électorales sont rarement synonymes de renversement des résultats, la procédure devient un levier de visibilité et un moyen de formaliser la contestation dans un cadre légal, évitant ainsi toute rupture frontale avec l’ordre constitutionnel.

Cette stratégie permet au FRONDEG de se poser en opposition institutionnelle responsable, tout en maintenant une ligne dure vis-à-vis du pouvoir.

Le discours de Baldé s’adresse simultanément à trois cibles :

– Ses militants, à qui il promet de ne pas capituler ;

– L’opinion nationale, qu’il alerte sur les risques d’une stabilité fondée sur une légitimité contestée ;

– Les partenaires internationaux, sensibles aux notions de transparence, d’inclusivité et d’État de droit.

La référence insistante à la justice, à la paix durable et à la légitimité n’est pas anodine : elle inscrit la contestation dans un lexique diplomatique familier aux observateurs extérieurs.

Dans un scrutin remporté dès le premier tour, le principal enjeu pour les candidats battus n’est pas tant le résultat que l’après-élection. En occupant l’espace médiatique et judiciaire, Abdoulaye Yéro Baldé cherche à empêcher une marginalisation rapide de son mouvement.

À défaut de peser sur l’issue du scrutin, le FRONDEG tente ainsi de capitaliser politiquement sur le doute, de structurer une base contestataire et de se positionner comme un acteur incontournable du débat démocratique à venir.

Reste une équation délicate : maintenir la pression sans basculer dans une radicalisation contre-productive. Toute dérive pourrait fragiliser la posture de « légalité » revendiquée par le candidat et exposer son camp à des sanctions politiques ou judiciaires.

L’enjeu, pour Abdoulaye Yéro Baldé, est donc clair : transformer une défaite électorale en levier politique durable, sans rompre avec les règles du jeu institutionnel.

 

 

 

Par M.DIALLO (Analyste Politique)

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