La signature du statut particulier révisé de l’éducation a été au centre de discussions tendues entre l’intersyndicale de l’éducation (composée de la FSPE, du SLECG, du SNE, élargie au SNAESURS et au syndicat de l’enseignement technique) et le gouvernement guinéen. La rencontre, facilitée par le président du Conseil National du Dialogue Social (CNDS), s’est tenue dans la salle de réunion du ministère de la Fonction publique.
Après plusieurs heures d’échanges, sur fond d’interruptions, aucune avancée significative n’a été enregistrée concernant les principales revendications des enseignants de Guinée.
Le gouvernement sollicite un report
Face à la complexité du statut particulier révisé, le représentant de la partie gouvernementale, le Secrétaire Général du ministère de la Fonction publique, a sollicité un report. Il a justifié cette demande par la nécessité de consulter les techniciens des départements concernés, notamment le Budget et les Finances, ainsi que son ministre de tutelle. L’objectif étant de réunir des informations et des arguments solides avant de présenter une contre-proposition aux syndicats.
L’intersyndicale de l’éducation a finalement demandé et obtenu le renvoi de la rencontre au mardi 25 novembre 2025.
Le Statut Particulier, « Épée de Damoclès »
À l’issue de la rencontre de ce mercredi, le porte-parole de circonstance de l’intersyndicale est revenu sur les raisons du blocage : « Notre cheval de bataille tournait autour du statut particulier des enseignants. Et ce point a également été, pour le gouvernement, comme une épée de Damoclès. Le représentant du gouvernement a demandé, compte tenu du poids contenu dans ce statut, de se référer aux techniciens, notamment ceux du Budget et des Finances, et à son ministre de tutelle, afin d’avoir des éléments d’information et des arguments pertinents pour venir proposer au syndicat », a-t-il déclaré.
L’intersyndicale a catégoriquement rejeté la proposition initiale du gouvernement de reporter la rencontre à une date plus éloignée, notamment au vendredi. « De tractation en tractation, l’intersyndicale a rejeté en bloc cette proposition. Finalement, nous avons décidé de donner un délai très court au gouvernement. Le gouvernement a proposé le vendredi, mais nous avons récusé cette date (…) Finalement, nous avons retenu le mardi pour que les ministres et les techniciens concernés se réunissent très rapidement et nous fassent une proposition concrète », a-t-il précisé.
Menace d’action s’il n’ y a pas de « Fumée Blanche »
L’intersyndicale se montre résolument déterminée en vue de l’échéance du 25 novembre prochain. Elle n’exclut pas de passer à la vitesse supérieure si le gouvernement n’accède pas à la signature du statut particulier révisé.
« Je crois qu’à partir de mardi, nous serons là, à 14 heures, pour discuter essentiellement du statut particulier. Nous demandons aux enseignantes et enseignants de Guinée de rester mobilisés. Nous avons attendu 19 ans, depuis 2006, pour ce statut. Attendre jusqu’à mardi, ce n’est pas un serpent de mer. Nous viendrons avec des arguments forts, contre les contre-propositions du gouvernement. Par conséquent, nous viendrons aussi avec une décision, et cette décision reflète le ressenti de la base. Si la fumée blanche ne sort pas d’ici ce mardi soir, ça sera notre dernière rencontre », a-t-il prévenu.
Déblocage partiel des salaires
Le statut particulier reste le point fondamental, mais d’autres revendications ont été partiellement abordées, notamment la question du déblocage des salaires.
« Il s’agit du déblocage du salaire de tous les enseignants victimes de gel depuis 2023. Cette décision a été actée en partie par le gouvernement : c’est-à-dire que tous ceux qui étaient en situation de classe, et qui sont en vie jusqu’à date, leur salaire sera débloqué », a-t-il souligné avec satisfaction.
Le porte-parole a toutefois précisé que les cas complexes de doublons et de substitutions feront l’objet d’études ultérieures. « Pour l’heure, le syndicat a obtenu le principe du déblocage pour 1 660 points (enseignants) déjà en activité », a-t-il conclu.
Par Lansana YANSANÉ






