SIGUIRI — La grogne monte à Siguiri, grande ville aurifère de la Haute-Guinée. Ce lundi, des dizaines de jeunes, à pied et à moto, ont battu le pavé de la route de Bouré jusqu’à la colline pour dénoncer l’orpaillage illégal qui gangrène leur localité. Ils pointent du doigt la prolifération incontrôlée de sociétés minières opérant clandestinement, malgré une interdiction formelle émanant de la présidence.
Outre cette illégalité, les manifestants tirent la sonnette d’alarme sur la dégradation de l’environnement et la pollution croissante des cours d’eau. « Nous marchons pacifiquement pour dénoncer l’inaction des autorités locales. Pourtant, une lettre de la présidence interdit clairement toute activité minière illégale. Vous n’avez qu’à voir l’état du fleuve Bafing, l’eau est complètement polluée », a confié Moussa Traoré, l’un des jeunes protestataires joint par notre rédaction.
Selon lui, plusieurs zones sont particulièrement touchées : « À Doko ou ailleurs, les sociétés opèrent désormais clandestinement, surtout la nuit. Elles détruisent l’environnement, ne respectent aucune règle, et nos marigots comme nos fleuves sont sérieusement menacés. » Le jeune manifestant cite aussi le cas de Diatela, où « les machines tournent sans interruption, jour et nuit, dans l’indifférence totale des autorités ».
Face à cette situation, les protestataires appellent à une réaction rapide : « Nous avons jugé nécessaire de marcher pour dire stop et attirer l’attention de la présidence sur le laxisme des autorités locales. »
Aucun incident majeur n’a été signalé lors de cette manifestation, mais les jeunes préviennent : si rien n’est fait, le mouvement de contestation se poursuivra dans les prochains jours.
Par F. Keita






