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Diplômes bloqués à l’ISFAD : 375 étudiants abandonnés par l’État menacent d’entrer en résistance

Conakry – Plus d’un an après la fin de leur formation, les étudiants de la promotion 2023 de l’Institut Supérieur de Formation à Distance (ISFAD) attendent toujours leurs diplômes de licence. Une attente devenue insoutenable, qui a poussé ces jeunes diplômés à sortir de leur silence pour hausser le ton lors d’une conférence de presse tenue ce samedi à Conakry.

Face aux lenteurs administratives et à l’absence de réponses claires de la direction de l’institut et du ministère de tutelle, les étudiants menacent de passer à une nouvelle étape : des manifestations d’envergure dans la capitale et à l’intérieur du pays.

« Nous avons terminé notre cycle de formation depuis 2023, et à ce jour, aucun diplôme ne nous a été remis. C’est une injustice criante. Nous avons tenté toutes les voies de dialogue, en vain. Aujourd’hui, si rien n’est fait, nous allons organiser des sit-in devant les bureaux de l’ISFAD », a prévenu Guémou Albert Siba Touama, porte-parole du collectif.

Interrogés sur les propos tenus par la direction générale de l’ISFAD, qui évoque la présence de « faux bacheliers » dans la promotion, les étudiants rejettent catégoriquement la responsabilité. Selon eux, il revient à l’administration d’effectuer les vérifications nécessaires au moment de l’admission.

« Si certaines attestations sont douteuses, cela devait être traité bien avant la fin de notre formation. Pourquoi attendre notre sortie pour soulever ces irrégularités ? Que les diplômes conformes soient délivrés pendant qu’on règle les autres cas ! », insiste M. Touama, en brandissant un procès-verbal transmis à la direction pour demander la remise des diplômes déjà validés.

Abdoulaye Bah, coordinateur du collectif, dénonce une situation injuste et déstabilisante pour les 375 étudiants concernés, issus des départements Droit, Développement communautaire et Économie.

« Certains d’entre nous ne peuvent ni travailler ni poursuivre leurs études à cause de cette absence de diplôme. Deux de nos camarades sont même décédés sans jamais voir le fruit de leurs efforts. C’est révoltant ! »

Il souligne également que certains membres de la promotion ont été exclus de concours nationaux, notamment pour devenir huissiers de justice, faute de pouvoir présenter leur diplôme. Le collectif appelle donc à une réaction urgente du ministère de l’Enseignement supérieur.

« L’État ne peut rester indifférent. M. Alpha Bacar Barry, en tant que ministre de tutelle, doit intervenir personnellement. Ce n’est plus une simple doléance, c’est une urgence nationale pour des centaines de jeunes privés d’avenir », a conclu Abdoulaye Bah.

Le ton est donné. À moins d’une réaction rapide, l’ISFAD pourrait devenir l’épicentre d’un mouvement de protestation étudiant sans précédent, avec en toile de fond, une question fondamentale : quand l’État garantira-t-il aux diplômés le droit le plus élémentaire d’entrer dans la vie active avec des documents officiels ?

 

Par M. KABA

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