mercredi, mars 4, 2026
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Siguiri se soulève : la jeunesse en guerre contre la destruction de l’environnement par les sociétés minières

SIGUIRI – La colère monte dans la commune urbaine de Siguiri. Ce lundi, des centaines de jeunes ont battu le pavé pour dénoncer l’exploitation anarchique des ressources aurifères par des sociétés minières, notamment chinoises, et alerter sur la dégradation accélérée de leur environnement.

Au cœur de la contestation : l’usage massif des pelles mécaniques, appelées localement « poclaines », qui ravagent les terres cultivables et polluent dangereusement les cours d’eau, notamment le fleuve Bafing, dont les images récentes – teinté de rouge – ont profondément choqué l’opinion nationale.

Munis de pancartes et de sifflets, les manifestants ont scandé leur refus de voir Siguiri devenir une zone sacrifiée sur l’autel des intérêts étrangers. « Cette affaire de poclaines a complètement détruit notre environnement. Le fleuve Bafing est devenu un fleuve rouge ! », s’indigne Aly Badra Traoré, un des jeunes protestataires. « Nous ne faisons pas de politique. Nous voulons sauver Siguiri pour nous, pour nos enfants. »

Les manifestants pointent du doigt l’inaction des autorités locales et nationales, malgré les alertes répétées de la société civile. Ils exigent une réaction urgente du Chef de l’État, le Général Mamadi Doumbouya. « Si, d’ici le 22 juillet, les machines ne sont pas retirées de Santalaty, nous passerons à la vitesse supérieure », avertit Brahima Kalil Camara, cultivateur, qui dénonce l’infertilité des terres et l’accaparement des ressources locales par des intérêts étrangers.

« Aujourd’hui, la voix des Chinois est plus forte que celle des fils de Siguiri. Si cette lutte échoue, ce sera à cause de nos propres frères complices. Mais cette fois, nous n’écouterons personne d’autre que le président », prévient-il.

La protestation prend une dimension patrimoniale. Ibrahima Kalil Diabaté, autre figure du mouvement, rappelle que cette terre est l’héritage de générations d’agriculteurs. « Nos ancêtres ont su préserver cet environnement. À notre tour, nous devons le défendre. Que deviendront nos enfants si nous laissons tout détruire ? »

Le mouvement, pacifique dans son déroulement, a été encadré par les forces de sécurité. Aucun incident majeur n’était signalé en début d’après-midi, mais les leaders de la mobilisation annoncent d’ores et déjà une intensification de leurs actions si leurs revendications ne sont pas entendues.

Siguiri, cœur aurifère de la Haute-Guinée, devient le symbole d’un enjeu national : celui de la souveraineté environnementale et de la régulation des activités minières. La balle est désormais dans le camp des autorités, sommées de prouver qu’économie et écologie peuvent coexister sans compromettre les droits des communautés locales.

 

Par Mory Kaba

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