Conakry, 8 juillet 2025 – Face au mouvement de boycott des audiences lancé par le Barreau de Guinée, le Premier ministre Amadou Oury Bah a convié ce mardi une délégation de haut niveau du Conseil de l’Ordre des avocats, élargie aux anciens bâtonniers, pour une séance de travail à la Primature. Une rencontre stratégique visant à retisser le fil du dialogue entre le gouvernement et la corporation judiciaire.
La rencontre s’est tenue en présence du ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, du Premier président de la Cour suprême, du Premier président de la Cour d’appel de Conakry et du procureur général près cette cour.
Les discussions ont porté sur les causes du mécontentement exprimé par le Barreau, notamment les conditions de reprise de ses activités professionnelles, la sécurité des avocats dans l’exercice de leur métier, et la nécessité d’un respect rigoureux de l’État de droit dans l’appareil judiciaire.

Prenant la parole au nom de la délégation, Maître Faya Gabriel Kamano, membre du Conseil de l’Ordre, a salué l’ouverture du Premier ministre et son sens de l’écoute :
« Nous avons trouvé une oreille attentive et une volonté manifeste de répondre aux préoccupations que nous avons soulevées, au nom des avocats mais aussi des citoyens qui attendent de la justice qu’elle soit impartiale, indépendante et sécurisée. »

Le Premier ministre a, pour sa part, réaffirmé son engagement à promouvoir un dialogue institutionnel permanent avec les corps intermédiaires, y compris les professions judiciaires. Il a insisté sur la nécessité de restaurer la confiance entre les avocats et les institutions, dans l’intérêt supérieur de la justice et de la paix sociale.

Cette rencontre intervient à un moment critique, alors que la paralysie du Barreau commence à impacter le bon fonctionnement des tribunaux et à susciter de vives inquiétudes chez les justiciables. En tendant la main au Conseil de l’Ordre, le chef du gouvernement joue une carte diplomatique clé pour prévenir l’enlisement de la crise.

Il reste désormais à voir si ces échanges aboutiront à la suspension du boycott et à des réformes structurelles promises par les autorités pour garantir l’indépendance et la sécurité des professionnels du droit en Guinée.
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