Le Premier ministre guinéen, Amadou Oury Bah, a réaffirmé sa volonté inébranlable de faire de l’État de droit une réalité tangible en Guinée. À l’ouverture du Forum national sur le renforcement des capacités des acteurs de la gestion et du recouvrement des avoirs saisis et confisqués, ce lundi 7 juillet 2025, le chef du gouvernement a adressé un message clair et sans ambiguïté à la magistrature : tenir ferme, malgré les résistances et les pressions.
Dans un discours à la fois ferme et empreint de lucidité, Bah Oury a rappelé les séquelles d’une longue tradition d’impunité qui a miné le pays :
« Lorsqu’un pays a été marqué pendant des décennies par des abus et une culture d’impunité, le changement ne peut se faire sans résistance. Il exige constance, courage et détermination. Les premiers pas ne seront pas applaudis, car remettre en cause des habitudes ancrées suscite naturellement des réticences. Mais, en fin de compte, la société finira par accepter ce changement. »
S’adressant plus particulièrement aux magistrats engagés dans des affaires judiciaires sensibles ou emblématiques, le Premier ministre a tenu à les encourager à rester fidèles à leur mission, malgré les critiques ou les obstacles :
« À tous les magistrats qui ont mené des procès marquants, ne vous laissez pas abattre par les comportements hostiles ou les campagnes de déstabilisation. Votre rôle est crucial dans la construction d’une justice crédible. »
Reconnaissant l’évolution des formes de criminalité, Bah Oury a insisté sur la nécessité d’une adaptation constante du système judiciaire. Il a ainsi invité les acteurs de la justice à rester à l’avant-garde, par une formation continue et une vigilance accrue :
« Les crimes d’aujourd’hui ne sont plus ceux d’hier. Ils exigent une mise à jour permanente de nos approches. Dans un monde où l’État de droit vacille dans plusieurs régions, il est impératif pour la Guinée d’avoir une base judiciaire solide, techniquement compétente et moralement inébranlable. »
Ce message fort du chef du gouvernement intervient dans un contexte où la lutte contre la corruption, la criminalité financière et les abus de pouvoir est devenue un enjeu central de la transition. Le Premier ministre envoie ainsi un signal fort : la justice doit rester le pilier du changement, même lorsqu’elle dérange.
Par O.B






