mardi, mars 3, 2026
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Inégalités explosives chez Alport : des salaires d’expatriés à 10 000 $ pendant que les Guinéens réclament leur dignité

La tension sociale monte dangereusement dans les installations portuaires d’Alport Conakry, filiale guinéenne du géant turc Albayrak. Ce mardi matin, les travailleurs ont organisé une mobilisation bruyante pour dénoncer un système de traitement salarial à deux vitesses et un manque criant de considération envers les employés guinéens.

Au cœur de cette crise : l’écart abyssal entre les salaires des expatriés turcs et ceux des cadres locaux, mais aussi l’échec des négociations salariales initiées depuis plus d’un mois entre le syndicat récemment élu et la Direction générale d’Alport.

Alors qu’un accord verbal avait été obtenu sur une augmentation salariale de 16 %, avec l’aval d’un représentant des autorités portuaires, de l’Inspection générale du travail et des centrales syndicales, le processus de signature a brutalement été interrompu par la Direction. Prétextant un nécessaire aval du Conseil d’administration à Istanbul, la Direction locale a suspendu tout dialogue, arguant ensuite que le siège turc jugeait la hausse « excessive », et proposait une réduction à 13 % — proposition immédiatement rejetée par le syndicat.

Derrière cette tension, c’est l’humiliation d’une majorité de travailleurs guinéens, confrontés à des inégalités salariales indéfendables. Selon les témoignages recueillis par Guineenews, un simple peintre turc perçoit environ 2 000 dollars, tandis que certains cadres et directeurs expatriés atteignent des rémunérations mensuelles allant de 5 000 à 10 000 dollars. En comparaison, les cadres guinéens occupant des fonctions similaires sont payés plusieurs fois moins, parfois sans perspectives d’évolution.

« On parle de contenu local, mais ici à Alport, ce principe est systématiquement bafoué. Le code du travail guinéen n’est pas respecté. Il y a un mépris constant pour les compétences nationales », déplore un syndicaliste sous anonymat.

Face à la montée des tensions et à la détermination croissante des travailleurs, la Direction générale d’Alport semble camper sur une posture rigide, refusant même désormais de recevoir les représentants syndicaux. Une attitude que ces derniers dénoncent comme « méprisante » et « provocatrice », à la veille d’une grève générale que beaucoup estiment inévitable.

« Nous avons tenté le dialogue. Mais si rien ne change, la mobilisation va se durcir. Nous n’accepterons plus d’être traités comme des citoyens de seconde zone dans notre propre pays », martèle un porte-parole du

Cette crise chez Alport ne se limite plus à une simple revendication salariale. Elle illustre un ras-le-bol généralisé face à un système de gestion jugé inégalitaire, opaque et discriminatoire, où la main-d’œuvre locale peine à obtenir reconnaissance et équité.

À Conakry, un mot circule dans les rangs des travailleurs : “trop, c’est trop”.

Par O. Bangoura

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