La Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF) a été contrainte de renvoyer au 2 juillet 2025 le procès des anciens responsables de l’Administration et Contrôle des Grands Projets (ACGP), accusés de lourdes malversations financières.
Inscrit au rôle de l’audience de ce mercredi 11 juin, le dossier opposant le ministère public et l’État guinéen, représenté par l’agent judiciaire de l’État, à Sékou Youla, Mamadou Sylla et Aboubacar Youla, n’a pas pu connaître de suite. En cause : l’absence remarquée des avocats de la défense comme de ceux de la partie civile. Sur les trois prévenus, seuls deux étaient présents.
Face à cette double absence, la chambre de jugement a décidé de renvoyer l’affaire au 2 juillet, en vue de la comparution obligatoire des conseils juridiques pour la poursuite des débats, déjà ouverts depuis le 5 mars dernier.
Dans cette affaire sensible, les anciens cadres de l’ACGP sont poursuivis pour détournement de deniers publics, corruption d’agents publics et faux en écriture publique. Le seul à avoir été entendu jusque-là, Aboubacar Youla, ancien chef du service de gestion du parc automobile, rejette les accusations portées contre lui.
Selon l’ordonnance de renvoi, 7 milliards 28 millions 372 mille 292 francs guinéens auraient été détournés entre 2020 et 2021. En sa qualité de chef de service, Youla aurait établi des bordereaux de retrait en lieu et place du comptable, sans en avoir la qualité légale. Interrogé, il a reconnu les faits matériels, tout en précisant avoir agi à la demande expresse de l’ancien directeur général Mamadi Thales Condé, dans le but de répondre à des urgences administratives.
La prochaine audience sera cruciale, puisqu’elle permettra à la Cour d’entendre les deux autres prévenus : Sékou Youla et Mamadou Sylla, qui comparaissent désormais libres après un passage à la Maison centrale.
Ce procès symbolique, qui met en lumière des pratiques de gestion douteuses dans une institution stratégique, s’annonce comme un test pour la lutte contre l’impunité économique en Guinée.
Par O. Bangoura






