Conakry, 15 mai 2025 – Le verdict est tombé, lourd de conséquences : Dr Ibrahima Kourouma, ancien ministre de l’Enseignement pré-universitaire et de l’Alphabétisation, a été condamné à 4 ans de prison ferme par la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF), ce mercredi 14 mai. En plus de cette peine privative de liberté, ses biens sont confisqués, et il devra s’acquitter de 3 milliards GNF d’amende ainsi que de 5 milliards GNF de dommages et intérêts à l’État guinéen.
Fait marquant : aucun des avocats de la défense n’était présent au moment du prononcé de la décision, laissant la salle d’audience sans voix pour représenter le condamné. Une absence qui interroge, et qui, 24 heures après, demeure inexpliquée.
Notre rédaction a tenté d’obtenir des réactions de la part du pool d’avocats constitués pour défendre Dr Kourouma. Me Soufiane Kouyaté, joint par téléphone, a évoqué un empêchement personnel dû à un deuil, sans toutefois commenter la décision judiciaire. Il affirme vouloir se concerter d’abord avec ses confrères et son client avant toute communication officielle.
Même discrétion du côté de Me Almamy Samory Traoré, également membre de la défense, qui a déclaré n’avoir encore eu aucun échange avec Dr Kourouma depuis le verdict, et s’est refusé à toute déclaration publique.
Malgré l’absence de réaction officielle de la défense, la possibilité d’un appel reste en suspens. Me Salifou Béavogui, avocat de la partie civile, a déjà exprimé son insatisfaction face au montant des réparations octroyées par la CRIEF, lui qui réclamait plus de 700 milliards GNF en dommages dans sa plaidoirie. Une position qui laisse présager d’éventuels développements judiciaires à venir.
Pour rappel, Dr Ibrahima Kourouma est détenu à la maison centrale de Conakry depuis le 21 avril 2022, dans le cadre d’une vaste procédure visant d’anciens hauts responsables de l’ère Alpha Condé, poursuivis pour détournements de deniers publics et enrichissement illicite.
Le silence actuel de la défense entretient une zone d’ombre autour de la suite procédurale, dans un dossier qui illustre une nouvelle fois la fermeté affichée par la CRIEF face aux délits économiques.
Par nimba224.com






