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Licenciement abusif : West African Development condamnée à verser plus de 450 millions GNF à un ancien cadre

Conakry, 15 mai 2025 – Coup dur pour la société West African Development (WAD SA). Le Tribunal du travail de Conakry vient de la condamner à verser la somme colossale de 452 250 000 francs guinéens à l’un de ses anciens employés, Monsieur Habib Constant Kolamou, à la suite d’un contentieux pour licenciement jugé abusif.

Dans une décision rendue en matière sociale et en premier ressort, la juridiction a statué publiquement et contradictoirement, rejetant d’emblée toutes les exceptions de procédure soulevées par la défense, notamment les demandes de nullité, de sursis à statuer et d’irrecevabilité. Le tribunal a jugé l’action partiellement fondée et a tranché en faveur du plaignant sur les principaux points de sa requête.

Selon le jugement, la société devra verser à Monsieur Kolamou les montants suivants :

  • Arriérés de salaires (mars à mai 2024) : 75 000 000 GNF
  • Indemnité compensatrice de congés payés : 25 000 000 GNF
  • Indemnités pour licenciement abusif : 150 000 000 GNF
  • Indemnité de licenciement : 31 250 000 GNF
  • Indemnité de préavis : 75 000 000 GNF
  • Indemnité pour violation de la procédure légale : 75 000 000 GNF
  • Prime d’ancienneté : 21 000 000 GNF

Total : 452 250 000 GNF, soit près d’un demi-milliard de francs guinéens.

En plus des réparations financières, le tribunal a ordonné à WAD SA :

  • De délivrer un certificat de travail à son ex-employé, conformément à l’article 172.32 du Code du travail ;
  • L’exécution immédiate du jugement, nonobstant tout appel, avec dispense de caution ;
  • Le paiement d’une astreinte de 2 000 000 GNF par jour de retard dans l’exécution du jugement.

La juridiction a rejeté :

  • La demande reconventionnelle de WAD SA, qui réclamait des dommages et intérêts pour procédure abusive ;
  • Certaines prétentions de Monsieur Kolamou, notamment une dette personnelle non prouvée.

Les dépens ont été mis à la charge du Trésor public, conformément aux dispositions des Codes du travail et civil guinéens.

Ce jugement constitue un signal fort envoyé aux entreprises opérant en Guinée : le non-respect des droits des travailleurs peut coûter cher. Dans un contexte où les abus patronaux sont régulièrement dénoncés, cette décision pourrait marquer un tournant dans la judiciarisation des conflits sociaux dans le pays.

Par Hawa Camara – Pour nimba224.com

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