Une vive polémique secoue actuellement la communauté guinéenne résidant au Maroc. En cause : une somme de 9 000 dollars américains offerte par le président de la Transition, Général Mamadi Doumbouya, à trois de ses compatriotes en visite à Marrakech. Ce geste, censé être un simple soutien logistique, est devenu le cœur d’un conflit tendu entre responsables communautaires et ressortissants guinéens, en particulier les étudiants.
Selon des sources concordantes, Lancinet Kémoko Sidibé, président du Conseil des Guinéens au Maroc, Mamadou Bhoye Diallo, son vice-président, et Mohamed Keita, secrétaire administratif, ont rencontré le chef de l’État en marge de son séjour privé dans la ville ocre. Accompagnés de l’ambassadeur Namory Traoré, ils auraient exposé au président les difficultés que traverse la diaspora, notamment les problèmes de bourses d’études.
À l’issue de cette rencontre, le Général Doumbouya leur aurait remis 9 000 dollars, soit 3 000 dollars chacun, à titre de frais de transport. L’ambassadeur n’aurait pas été concerné par ce geste. Mais à peine le geste révélé, des voix se sont élevées, dénonçant une « manœuvre solitaire » et un manque de transparence.
Des membres de la communauté, dont de nombreux étudiants, estiment avoir été exclus d’une rencontre les concernant directement. Ils accusent les trois responsables d’avoir utilisé le nom de la communauté pour obtenir l’argent, avant de garder le silence une fois de retour.
« Ils sont partis sans informer qui que ce soit, et à leur retour, ils n’ont fait aucun compte rendu. C’est une trahison. Ce sont nos représentants, ils ont rencontré le président au nom de tous. Ce qu’ils ont reçu devait revenir à la communauté », fulmine K.B., un étudiant guinéen à Rabat.
Il poursuit : « Chaque jour ici, ce sont des cas d’expulsions, des décès, des arrestations. On a besoin de soutien financier. Ce n’est pas avec 3 000 dollars chacun qu’ils vont changer de vie. Qu’ils fassent preuve de solidarité. »
Interrogé, Lancinet Kémoko Sidibé balaie ces accusations et défend la légitimité du don présidentiel. « Le Président a été clair : c’est un geste pour notre transport, à nous trois, pas pour la communauté. Cela ne veut pas dire qu’on ne va rien verser dans la caisse. Un montant sera donné, même si je ne peux pas encore dire combien. Mais il faut que les gens arrêtent les insultes », déclare-t-il.
Il ajoute que la rencontre s’est faite en toute légalité, facilitée par l’ambassade, dans l’intérêt des Guinéens du Maroc : « Nous avons parlé des problèmes de bourses, des difficultés générales. Nous avons fait notre devoir. »
Face à l’escalade des tensions, une réunion s’est tenue à l’ambassade de Guinée à Rabat. Il a été recommandé d’engager un dialogue inclusif, en sollicitant les représentants régionaux de la diaspora pour désamorcer la crise.
Cependant, selon des sources sur place, la grogne ne faiblit pas. Plusieurs associations exigent le versement intégral des 9 000 dollars dans la caisse communautaire, estimant que le geste du président visait l’ensemble des Guinéens du Maroc.
Des messages virulents continuent de circuler sur les réseaux sociaux et dans les groupes communautaires, mettant la pression sur les trois bénéficiaires.
En attendant une issue officielle, cette affaire illustre les fragilités internes d’une diaspora confrontée à de nombreux défis, mais aussi à la nécessité d’une gouvernance plus transparente et solidaire.
Par nimba224.com






