Le calme habituel des rives de Koba Katep et Bamba, deux localités agricoles de la préfecture de Boffa, a été brutalement troublé ce mardi matin par un drame fluvial. Une pirogue transportant six passagers a chaviré en pleine traversée, causant la mort tragique de deux personnes, dont une femme.
L’embarcation reliait les deux districts en direction du marché hebdomadaire de Koba lorsque le drame est survenu. D’après les témoignages recueillis sur place, la pirogue aurait été surprise par une puissante vague, aggravée par une surcharge, provoquant un déséquilibre fatal à proximité de la rive de Katep.
« Elle a crié, puis elle a disparu… »
Parmi les survivants, Ibrahima Bangoura, encore sous le choc, raconte la scène :
« Tout allait bien. Mais une grosse vague nous a frappés. La pirogue a basculé, tout le monde est tombé à l’eau. J’ai vu la dame crier, puis elle a coulé. J’ai pu m’accrocher à un bidon vide. On a perdu nos marchandises, notre argent… Nous appelons à l’aide. »
Les secours, alertés par des pêcheurs de la zone, ont pu sauver quatre passagers. Les corps sans vie d’un homme et d’une femme ont été repêchés quelques heures plus tard. Les autorités locales, rapidement dépêchées sur les lieux, ont exprimé leur consternation face à cette nouvelle tragédie évitable.
Elhadj Aboubacar Khalifa, notable de Katep, interpelle l’État :
« Cette pirogue fait partie de notre quotidien. Depuis des décennies, elle relie nos familles, nos récoltes, nos vies. Mais trop, c’est trop. Il est temps que l’État nous construise un pont. Ce drame n’aurait jamais dû arriver. »
En l’absence de routes carrossables, la voie fluviale reste le seul lien entre Katep et Bamba, deux pôles agricoles majeurs de la région considérés comme des greniers pour la Basse-Guinée. Cette tragédie relance une nouvelle fois les débats sur la sécurité maritime dans les zones rurales.
Ce naufrage met en lumière les failles persistantes du transport fluvial en Guinée : embarcations vétustes, absence totale de gilets de sauvetage, surcharge des pirogues, et piroguiers souvent sans formation. Autant de facteurs qui transforment chaque traversée en risque mortel.
Le silence prolongé des autorités sur la sécurité des voies d’eau pourrait bien coûter d’autres vies. À Boffa, les familles endeuillées attendent aujourd’hui des actes concrets, bien plus que des condoléances.
Par nimba224.com






