Mandiana, Dialakoro – Une vive tension secoue la localité de Kantédoubalandou, dans la commune rurale de Dialakoro, après l’agression d’agents recenseurs. Trois personnes sont actuellement jugées à Mandiana dans cette affaire, révélatrice d’un climat de division alimenté par des querelles de leadership local.
Interrogé sur la situation, le Sotikèmo de Kantédoubalandou, Elhadj Ibrahima Kanté, ne mâche pas ses mots. Il attribue l’origine du conflit à l’implantation controversée d’un second bureau du conseil de district. Selon lui, cette initiative, pilotée par un groupe venu de Mandiana, vise à déstabiliser l’ordre établi dans le district.
« Tout est parti de la création d’un deuxième bureau. Nous avions choisi nos représentants, Issa Kanté et Abdoulaye, dans le calme et la transparence. Ils ont été installés, la passation avec l’ancien bureau s’est faite dans les règles, et la paix régnait depuis quatre mois. Ce sont des individus malintentionnés, mus par des intérêts personnels, qui ont tenté de semer la discorde en voulant imposer un autre bureau », a déclaré le chef coutumier.
Exaspéré, Elhadj Ibrahima Kanté affirme son attachement au président de la transition, Mamadi Doumbouya, rejetant toute accusation de défiance à son égard. Il met en garde contre toute tentative d’imposition d’un nouveau bureau :
« Je l’ai dit clairement : tant que ce n’est pas le président Doumbouya lui-même qui demande un changement, il n’y en aura pas. »
Le vice-doyen de la localité, Naba Moussa Kanté, abonde dans le même sens, en pointant cette fois du doigt le sous-préfet de Dialakoro comme principal instigateur du désordre.
« Un jour, des agents sont venus démonter les portes de la mosquée et arrêter des anciens, même une femme enceinte a été interpellée. Pourtant, la passation de pouvoir s’était déroulée sans incident. Le sous-préfet et d’autres responsables sont en train de semer la confusion totale », a-t-il dénoncé.
Cette crise locale met en lumière les tensions latentes autour des questions de gouvernance de proximité, souvent exacerbées par des rivalités d’influence et des manipulations politiques. Les autorités locales et préfectorales sont interpellées pour désamorcer cette bombe sociale avant qu’elle ne dégénère davantage.
Par Mariame KABA






