L’Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture (ACAT-France) a lancé un appel à la mobilisation internationale pour exiger que justice soit faite dans l’affaire Abdoul Sacko, coordinateur du Forum des Forces Sociales de Guinée (FFSG), enlevé dans des conditions troubles et retrouvé grièvement blessé.
Un enlèvement aux contours inquiétants
Dans la nuit du 18 au 19 février 2025, Abdoul Sacko a été violemment enlevé à son domicile à Kiroti, un quartier de Conakry, par des individus en uniforme, encagoulés et non identifiés. Deux jours plus tard, il a été retrouvé dans un état critique à Forécariah, à une centaine de kilomètres de la capitale. Selon ses avocats, il aurait été victime de tortures pendant sa détention illégale, avant d’être abandonné en pleine brousse, laissé pour mort. À ce jour, aucune enquête sérieuse n’a été ouverte par les autorités judiciaires guinéennes pour faire la lumière sur cette affaire.
Un contexte de répression croissante
L’enlèvement et les sévices subis par Abdoul Sacko s’inscrivent dans un climat marqué par la recrudescence des violations des droits humains en Guinée, notamment contre les membres de la société civile. Le Barreau de Guinée a dénoncé une multiplication des disparitions forcées ciblant les activistes, citant entre autres les cas de Oumar Sylla, alias « Foniké Manguè », Mamadou Billo Bah, Sadou Nimaga et Habib Marouane Camara.
Un militant ciblé pour son engagement
Figure respectée de la société civile guinéenne, Abdoul Sacko est connu pour son engagement constant en faveur des droits humains, de la démocratie et de la bonne gouvernance. Ce n’est pas la première fois qu’il est visé : en mars 2023, il avait déjà été arrêté de manière arbitraire alors qu’il se rendait à un atelier, avant d’être relâché suite à une forte mobilisation citoyenne.
Un appel à la justice et à la solidarité
Aujourd’hui, Abdoul Sacko vit dans la clandestinité, sa santé demeurant fragile faute de soins appropriés. L’ACAT-France appelle les autorités guinéennes à ouvrir une enquête transparente et indépendante, à identifier les auteurs de cette agression et à garantir que de tels actes ne restent pas impunis. Elle appelle également la communauté internationale et les défenseurs des droits humains à se mobiliser pour la sécurité des activistes en Guinée et le respect de l’État de droit.
Par nimba224.com






