Un climat de tension persistant règne depuis plusieurs mois à la radio rurale de Mali, située dans la région de Labé. Le directeur de la station, Souleymane Kankouma Diallo, fait l’objet de graves accusations de la part de plusieurs employés suspendus, qui l’accusent de détournement de biens destinés à la radio et d’agressions physiques contre certains membres du personnel. Des accusations qu’il réfute catégoriquement.
Contacté par nos soins ce mardi 15 avril 2025, Abdoul Aziz Touré, technicien et animateur à la radio, s’est exprimé au nom des travailleurs mécontents. Selon lui, des équipements fournis par des partenaires, notamment l’UNICEF, ont disparu sans explication.
« L’UNICEF avait doté toutes les radios communautaires de motos tricycles. Celle de la radio a été utilisée à des fins personnelles par le directeur, puis elle a mystérieusement disparu. Nous avons fini par la retrouver entre les mains d’un particulier qui a affirmé l’avoir achetée », a-t-il déclaré.
Touré évoque également la disparition d’un ordinateur et d’une imprimante offerts à la radio, ainsi qu’un traitement injuste des primes allouées aux contractuels :
« Normalement, les contractuels doivent percevoir 200 000 GNF mensuellement. Mais ils ne recevaient que 100 000 ou 150 000 GNF, et cela depuis 2017 », a-t-il précisé.
Les accusations ne s’arrêtent pas là. Deux animateurs de la station, Souleymane 2 Diallo et Ibrahima Sory Souaré, affirment avoir été physiquement agressés par le directeur. L’un d’eux aurait même porté plainte, avant que des sages locaux n’interviennent pour obtenir un règlement à l’amiable.
Face à ces graves allégations, Souleymane Kankouma Diallo se défend. Il y voit une manœuvre de représailles, consécutive à une plainte qu’il a lui-même déposée contre certains travailleurs, accusés d’avoir volé plus de deux millions de francs guinéens dans les locaux de la radio.
« Concernant les primes, je ne suis pas comptable. Les travailleurs signent après les avoir perçues. Quant à la moto, elle est actuellement chez un réparateur. Et pour les accusations de violences physiques, je suis aussi enseignant : jamais je n’ai levé la main sur qui que ce soit », a-t-il affirmé, ajoutant assumer pleinement sa suspension pour manquements professionnels prononcée en décembre 2024.
Une réunion décisive est prévue ce mercredi 16 avril 2025 entre les travailleurs suspendus pour statuer sur un dépôt de plainte collectif contre leur directeur.
Affaire à suivre.
Par Fodé Keita






