vendredi, février 13, 2026
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Affluence des citoyens dans les banques et salons de couture : La lutte quotidienne pour préparer la fête de Ramadan dans un contexte de crise

À l’approche de la fête de Ramadan, une course contre la montre s’est installée dans les rues de Conakry et dans d’autres villes du pays. Les citoyens, déjà accablés par une situation économique de plus en plus précaire, se battent pour pouvoir honorer les dépenses nécessaires à la préparation de cette fête religieuse tant attendue. Les scènes qui se déroulent dans les banques, les salons de couture et les marchés témoignent de la dureté de la réalité à laquelle sont confrontées les familles guinéennes. Entre afflux massifs, désespoir et amertume, les préparatifs de cette fête se transforment en un véritable parcours du combattant.

Les banques prises d’assaut : Un accès difficile aux liquidités

Depuis plusieurs jours, les banques du pays sont envahies par des citoyens venus retirer leur argent pour faire face aux dépenses liées à la fête de Ramadan. Les files d’attente sont interminables, certains clients arrivant dès l’aube pour espérer obtenir un retrait avant que les agences ne ferment. Dans une ville comme Conakry, où la majorité des citoyens n’ont accès qu’à des salaires modiques et irréguliers, cette situation de stress permanent est devenue une norme. Les fonctionnaires, les commerçants et même les travailleurs informels sont confrontés à un problème récurrent : l’insuffisance des liquidités disponibles.

Les guichets sont souvent inaccessibles en raison des restrictions sur les montants de retrait et des frais bancaires élevés. “J’ai fait la queue pendant plus de deux heures, et quand je suis enfin arrivé au guichet, il ne restait plus d’argent disponible pour les retraits”, témoigne un citoyen visiblement frustré. “C’est chaque année la même histoire. Nous devons faire face à cette situation pénible pour pouvoir acheter des habits et de la nourriture pour nos enfants.”

De nombreux citoyens se retrouvent également à lutter contre les frais bancaires et les restrictions de retrait, ce qui les contraint à se contenter de sommes largement insuffisantes pour couvrir les besoins essentiels pour la fête. Cette pression financière s’intensifie particulièrement pendant le Ramadan, où chaque famille cherche à acheter de nouvelles tenues et à préparer des repas festifs pour leurs proches.

Les salons de couture : une demande écrasante et des prix inaccessibles

Simultanément, les salons de couture connaissent une affluence record. Les mères de famille, confrontées à une réalité économique difficile, sont nombreuses à se rendre chez les tailleurs pour confectionner les tenues de fête de leurs enfants. Mais là encore, le coût des vêtements a considérablement augmenté ces dernières années. Les prix des tissus, des accessoires et de la main-d’œuvre sont désormais bien au-delà des moyens de nombreuses familles, qui se voient contraintes de renoncer à leurs projets.

“Je ne sais même pas comment je vais faire pour habiller mes enfants cette année. Les prix ont augmenté de manière démesurée”, confie une mère de famille visiblement angoissée. “Les couturiers ne respectent plus leurs délais, et les prix n’ont cessé de grimper. C’est la galère totale.”

Les salons de couture sont saturés de clients, et malgré leur charge de travail accrue, les couturiers peinent à satisfaire la demande. Ceux qui peuvent se permettre de payer ces prix élevés ne sont pas toujours assurés de recevoir leurs commandes à temps. Les familles, en quête de nouveaux habits pour marquer cette occasion religieuse, se retrouvent dans une impasse : entre l’incapacité à honorer les prix des couturiers et l’impossibilité d’obtenir des tenues à temps, la fête s’annonce morose.

Marchés saturés : Les prix des tenues de fête pour enfants font des ravages

Dans les marchés, la situation est encore plus dramatique. Les mères de famille, qui luttent déjà pour boucler leur budget quotidien, sont confrontées à la cherté des prix des vêtements, en particulier pour les enfants. Les prix des tenues de fête ont explosé, et même les options les plus simples sont désormais inaccessibles pour une majorité de familles. Alors que les commerçants tentent de justifier les hausses par l’augmentation des coûts de production et des importations, la réalité est tout autre : pour beaucoup, la fête de Ramadan devient synonyme de privations.

“Je n’ai même pas les moyens d’acheter une tenue décente pour mes enfants cette année. Tout est devenu trop cher. Je me sens totalement impuissante”, déclare une mère de famille, les yeux pleins de tristesse. “Ramadan, c’est censé être un moment de joie, mais cette année, tout est devenu une lutte pour essayer de donner le minimum à mes enfants.”

Les commerçants, bien qu’ayant vu leur chiffre d’affaires augmenter en cette période, sont aussi conscients de l’impact de la cherté des prix. Mais face à la demande massive et à l’augmentation des coûts d’approvisionnement, il est difficile de maintenir des prix abordables.

Une fête de Ramadan sous pression : la réalité des familles guinéennes

Ce contraste entre le rêve de célébrer la fête de Ramadan avec dignité et les difficultés économiques quotidiennes que rencontrent les familles guinéennes est de plus en plus palpable. La course aux liquidités dans les banques, la pression dans les salons de couture, et la lutte pour se procurer des tenues pour les enfants sur les marchés soulignent une vérité inquiétante : de plus en plus de familles peinent à joindre les deux bouts, même en période de fête.

La situation met en lumière une fracture sociale grandissante, où seuls les plus privilégiés peuvent se permettre de préparer cette fête comme il se doit. Pour beaucoup d’autres, la fête de Ramadan sera marquée par un sentiment de frustration et de privation, loin des festivités joyeuses que l’on aurait espéré.

Dans ce contexte de crise, les autorités et les acteurs économiques doivent repenser leurs stratégies pour alléger le fardeau des citoyens. La solidarité et l’entraide communautaire devront jouer un rôle crucial si l’on veut éviter que la fête de Ramadan ne devienne un moment de désespoir et de mal-être pour de trop nombreuses familles guinéennes.

nimba224.com

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