L’affaire de détournement présumé de 78 milliards de francs guinéens au sein de l’Office Guinéen de Publicité (OGP) connaît de nouveaux développements. Quelques mois après le limogeage de son ex-directeur général, Mandian Sidibé, ainsi que du directeur administratif et financier (DAF) de l’institution, la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF) a ordonné de nouvelles mesures d’enquête pour faire la lumière sur cette affaire.
Des charges lourdes retenues contre les mis en cause
Lors d’une déclaration officielle, Malick Marcel Oularé, substitut du procureur spécial près la CRIEF, a détaillé les charges qui pèsent sur les principaux accusés.
« Dans ce dossier, les inculpés sont M. Mandian Sidibé, ex-directeur général de l’OGP, et M. Aboubacar Sidiki Konaté, son directeur administratif et financier au moment des faits. Ils sont poursuivis pour usage illicite des biens publics, détournement de deniers publics, enrichissement illicite, abus de confiance et autres infractions économiques et financières. »
Selon le parquet spécial, l’un des accusés, Aboubacar Sidiki Konaté, a été placé sous mandat de dépôt et fait l’objet de poursuites supplémentaires pour complicité, blanchiment de capitaux et corruption d’agents publics.
Une mission de l’Inspection Générale d’État pour approfondir l’enquête
Dans l’objectif d’approfondir l’instruction, la chambre de l’instruction de la CRIEF a mandaté l’Inspection Générale d’État pour mener des investigations approfondies sur :
• Les opérations de recouvrement et d’utilisation des fonds publics au sein de l’OGP ;
• La régularité des marchés publics attribués par l’OGP durant les exercices budgétaires 2022, 2023 et 2024.
« Ces inculpés ont été entendus sur procès-verbal de première comparution et interrogés au fond. Au regard des faits qui leur sont reprochés, la chambre de l’instruction a confié à l’Inspection Générale d’État la mission de vérifier toutes les transactions et engagements financiers de l’OGP entre 2022 et 2024. Le rapport issu de cette enquête est attendu par la CRIEF pour la suite de la procédure. »
Une affaire sous haute surveillance judiciaire
Cette affaire, qui implique des montants colossaux, est suivie de près par les autorités judiciaires. Le procès des accusés pourrait s’ouvrir dès que la CRIEF recevra les conclusions de l’Inspection Générale d’État.
Affaire à suivre…
Par Ousmane Bangoura






